Ligue des champions 2011-2012: Bilan de la première phase
Petit retour sur la première phase de la Ligue des Champions édition 2011-2012 et des surprises qui l’ont émaillée.
Groupe A: City rate le coche
Dès le tirage au sort ce groupe réunissant le Bayern Munich, Naples, Manchester City et Villarreal CF fut présenté comme le groupe de la mort. Si sur le papier les quatre équipes se valaient plus ou moins, le Bayern semblait tout de même le plus en mesure de se sortir de cette poule plus que relevée. Finalement le suspense aura été entier pour la deuxième place qualificative. Si le club espagnol considérablement affaibli est totalement passé au travers (aucun point marqué et quatorze buts encaissés), la bataille aura été rude jusqu’au bout entre les deux clubs au maillot bleu ciel. C’est finalement Naples qui a validé son ticket à la dernière journée en s’imposant sur la pelouse du Yellow Submarine, envoyant les stars de Manchester City en Europa League malgré leurs dix points marqués. Éblouissants en Premier League, les Citizens ont pu mesurer l’écart entre les deux compétitions, concédant notamment deux défaites lourdes de conséquences contre ses adversaires directs. Conséquence les mancuniens n’avaient plus leur destin en main lors de la dernière journée et s’ils tombent les armes à la main, l’inexpérience de leur équipe à ce niveau là leur a été préjudiciable. En revanche en habitué des joutes continentales, le Bayern s’est vite mis à l’abri en remportant presque toutes ses rencontres avant la dernière journée. Les Bavarois seront bien au rendez-vous des huitièmes en compagnie des trouble-fêtes italiens qui auront acquis leur qualification dans la difficulté, faisant montre de ressources mentales nécessaires pour perdurer dans une compétition de ce type.
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Groupe B: La faillite lilloise
Pour son retour dans la plus prestigieuse compétition européenne, le LOSC héritait d’un groupe plutôt ouvert réunissant les turcs de Trabzonspor, le CSKA Moscou et l’ogre Intériste. On imaginait aisément l’Inter dominer les débats et les trois autres clubs batailler pour obtenir le deuxième ticket qualificatif, et on ne s’y est pas trompé. Pourtant au vu de la forme affichée par les joueurs milanais, on a le sentiment que leurs adversaires n’ont pas joué leur carte à fond. Rarement l’Inter n’aura semblé aussi fragile. Inconstant dans le jeu, cet assemblage branlant de joueurs en plein doute aura malgré tout tenu son rang. Réalistes à défaut d’êtres brillants, les Nerrazzurri longtemps en difficultés se remettrons en selle grâce à leur double victoire contre des lillois trop inhibés, assurant l’essentiel, c’est-à-dire la première place du groupe en dépit de performances plus que ternes. Il seront accompagnés en huitièmes par les remuants moscovites du CSKA. Boostés par leur buteur Ivoirien Seydou Doumbia (une des révélations de cette phase de poules), le club russe aura décroché sa qualification au forceps, validant son ticket en s’imposant à Giuseppe-Meazza contre des Intéristes sans relief. Et pourtant le CSKA occupait la dernière place du classement au début de l’ultime journée devancés alors par des lillois et une formation turque qui aura parfaitement joué son rôle de trouble-fête. Solides, les partenaires de Didier Zokora et Halil Altintop n’auront concédé qu’une défaite dans cette phase de poules, se payant même le luxe de s’imposer à Milan dès le premier match. Cependant leur manque d’audace offensive les aura empêcher d’accrocher une deuxième place qui était pourtant à leur portée. Ils se consoleront cependant avec l’Europa League.
Pour ce qui est des lillois la frustration est encore plus grande. Les Dogues ont manqué de mordant, et ce malgré de belles promesses affichées par un jeu toujours aussi plaisant. Le LOSC aura laissé filer toutes les occasions de prendre son destin en main à cause de leurs errances défensives. Et vu que l’attaque manquait de réalisme, il devenait difficile de faire la différence. La formation de Rudi Garcia qui n’avait besoin que d’une victoire pour composter son billet pour les huitièmes aura été incapable de faire sauter le verrou turque. Résultat des courses, un nul et une élimination sans gloire qui restera certainement en travers de la gorge.
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Groupe C: Le crépuscule mancunien
A l’heure du tirage au sort qui aurait pu imaginer que Manchester United, globalement considéré comme l’un des trois meilleurs clubs de la planète, ne parviendrait pas à se qualifier pour le second tour? Un tel cas de figure semblait inenvisageable, surtout qu’en dehors du Benfica de Lisbonne leurs autres adversaires (les Suisses du FC Bâle et les modestes Roumains de l’Oletul Galati) n’étaient pas des foudres de guerre, loin de là. Et pourtant la catastrophe a bien eu lieu. Dès les premières oppositions les Red Devils semblaient peu à leur aise, concédant deux nuls alarmants. Après une double victoire poussive contre les faire-valoirs Roumains, les hommes d’Alex Ferguson n’ont pu défaire le Benfica et ont fini par se faire battre par les accrocheurs Bâlois. Au vu des performances affichées, il serait malvenu de ne pas constater que les Mancuniens ne méritaient pas cette élimination. Incapables de hisser leur niveau de jeu et de se mettre au diapason de la compétition Manchester United est devenu son propre ersatz, faisant preuve d’une apathie qu’on ne lui connaissait pas. En jouant la carte de la jeunesse (même si les blessures de certains cadres ne l’ont pas aidé), Ferguson s’est quelque part fait hara-kiri, surtout que comme l’ont prouvé les déconvenues de Lille et des Citizens, l’expérience est le facteur clé pour bien paraitre dans cette compétition. Manchester United n’aura concédé qu’une défaite mais sa trop grande inhibition affichée lors des premières oppositions lui auront coûter une qualification qui lui était promise.
Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, c’est la surprenante équipe Suisse de Bâle qui décroche le deuxième visa pour le second tour à la surprise générale. Emmenés par l’inusable Alexander Frei, les Bâlois ont confirmé les progrès de leur football et joué à fond leur carte d’outsiders déclarés, faisant souffler un vent de fraîcheur sur un groupe où tout semblait joué dès le tirage au sort. Ils terminent donc derrière une formation Lisboète qui sans avoir été particulièrement brillante a répondu présente quand il le fallait, s’extirpant de cette poule plus difficile qu’elle ne le paraissait.
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Groupe D: Le miracle Lyonnais
Le football a ceci de particulier que les acquis ne sont que des hypothèses. C’est justement ce qui fait la beauté de ce sport où tout est possible entre le début et la fin d’un match. Le cas de l’Olympique Lyonnais est d’ores et déjà à ranger parmi les nombreux miracles qui émaillent l’histoire du foot. Au coup d’envoi de cette dernière rencontre à Zagreb, et au vu de la première mi-temps, personne n’aurait mis un centime sur une éventuelle qualification des joueurs de Rémi Garde, tant ces derniers semblaient timorés. Il faut dire que sur le papier cela révélait de l’impossible. Avec trois points et surtout sept buts de retard sur son rival l’Ajax d’Amsterdam, Lyon était promis à l’Europa League, victime d’une campagne désastreuse durant laquelle les Gones ont concédés deux nuls face à aux amstellodamois et ont sombré corps et biens contre des Madrilènes euphoriques. Et pourtant l’exploit a eu lieu. Bien aidés par la large victoire du Real Madrid face à l’Ajax, les Lyonnais ont livré une deuxième mi-temps de très haut niveau scorant à six reprises et s’imposant largement sept buts à un. Réduits à dix suite à l’expulsion de Leko, les Croates n’auront finalement pas fait illusion concédant une sixième défaite en autant de rencontres en encaissant la bagatelle de vingt-deux buts. Lyon valide ainsi son billet et décroche une qualification inespérée.
Du côté des Lanciers ont a cependant des raisons de se sentir floués par ce dénouement inattendu. Surclassés par un Real Madrid remanié l’Ajax aura laissé passer sa chance et devra se contenter de l’Europa League, une véritable désillusion pour cette jeune formation qui court toujours derrière sa gloire passée. Pour ce qui est du premier rôle il a sans surprise été joué par le Real qui a parfaitement tenu son rang, remportant tous ses matchs avec brio et sans donner l’impression de vraiment se forcer. Les hommes de José Mourinho ont dominé cette poule de façon outrageuse, inscrivant au moins six buts contre ses adversaires dans chacune des doubles confrontations. La vérité footballistique du printemps est souvent différente de celle de l’automne, mais le Real s’est d’ores et déjà posé comme grand favori pour le titre suprême.
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Groupe E: Chelsea au bout du suspense
Le parcours de Chelsea dans cette phase de poules de la Ligue des Champions est avant tout l’histoire d’une éternelle résurrection: celle de son avant-centre Didier Drogba. Écarté en début de compétition par les blessures et méformes au profit de Fernando Torres, le buteur Ivoirien aura fait les frais de la tentative de rajeunissement de l’équipe-type entreprise par Villas-Boas. Si au début ce jeu porté vers l’offensive et le pressing haut à séduit, il a vite montré ses limites tant en championnat qu’en coupe d’Europe face à des adversaires difficiles à manœuvrer. Partis pour se qualifier sans soucis après avoir pris sept points sur neuf possibles lors des trois premières rencontres, les Blues se sont par la suite mis en difficulté en prenant de haut les modestes Belges du Racing de Genk. En remaniant son effectif au pire moment, Villas-Boas laisse échapper deux points qui s’avèreront précieux par la suite vu qu’ils ont empêché Chelsea de distancer le Bayer Leverkusen et Valence. La piteuse défaite à Leverkusen mettra même les Blues dans une situation inconfortable, à deux doigts de l’élimination. Heureusement, Didier Drogba a comme souvent répondu présent lors des moments fatidiques réalisant un match d’anthologie et qualifiant presque à lui tout seul son club, raflant sur le fil cette première place qui lui était promise.
A l’image du coup de mou de Chelsea, la bataille pour la qualification fut âpre dans cette poule où Valence et Leverkusen n’auront rien lâché. Forts d’une belle victoire face au Blues, le Bayer décrochera son pass’ dès la cinquième journée, obligeant Valence à livrer son maximum lors de la dernière journée à Stamford Bridge. Finalement il s’en est fallu de peu pour que le club espagnol se qualifie. Auteur d’une bonne campagne il se sera malheureusement incliné au plus mauvais moment et quitte donc la compétition avec les honneurs. Quant au Racing de Genk, il se sera battu avec ses armes jusqu’au bout, parvenant notamment à prendre un point à chacun de ses adversaires. Parfois surclassés, souvent accrocheurs, cette formation besogneuse aura parfaitement tenu son rôle d’arbitre de la poule, prouvant que le football belge est encore vivant.
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Groupe F: Et tout Marseille cria
Pour ceux qui douteraient encore que le football est un merveilleux vecteur d’émotion, il leur suffira de revivre les derniers instants du match de l’Olympique de Marseille face au Borussia Dortmund. Éliminés à la mi-temps, les Phocéens auront bataillé toute la deuxième période pour revenir au score et s’imposer de façon quasi-miraculeuse. Cette qualification acquise dans la douleur n’en est que plus belle. L’Allemagne réussi décidément bien à l’OM qui avait remporté l’unique trophée Français dans cette compétition sur ce territoire.
Cependant avant de recevoir le satisfecit de tous, les Marseillais auront jusqu’au bout joué à se faire peur dans cette compétition qu’ils avaient pourtant mieux démarré que d’habitude (deux victoires dès les deux premiers matchs). Dans une poule à leur portée tout semblait indiqué que les hommes de Didier Deschamps feraient bonne figure. Malheureusement deux défaites stupides à domicile (contre Arsenal et l’Olympiakos) concédées en fin de rencontre suffiront à faire ressurgir les vieux démons de la crise. En délicatesse lors d’une dernière journée où tout le monde pouvait encore se qualifier, les Marseillais ont du aller au bout d’eux-mêmes pour se hisser en huitièmes.
Marseille n’est cependant pas le seul club a avoir souffert dans cette poule qui avait comme dénominateur commun l’inconstance. Les trois autres clubs auront eu du mal à entrer dans la compétition et à trouver un équilibre. Favori annoncé Arsenal tiendra son rang malgré des prestations pas toujours abouties, mais suffisantes pour assurer sa place au soleil. Derrière l’Olympiakos, fantomatique en début de compétition, fini par se révéler et rate la qualification d’un fil, au grand bonheur des Marseillais. Le Borussia Dortmund par contre devra encore apprendre pour bien figurer dans cette compétition à l’avenir. Fringants et volontaires, les joueurs de Jurgen Klopp ont cependant pêcher par inexpérience. face à trois adversaires habitués à jouer la Ligue des champions. Ils se seront au final illustrés par leur jeu léché et par leurs carences défensives. Il y a cependant à parier qu’avec plus de vécu cette équipe devienne redoutable.
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Groupe G: Le soleil se lève à Chypre
Au rayon surprises la Ligue des Champions version 2011-2012 aura été un grand cru. Outre les éliminations de clubs prestigieux, elle aura également eu son petit poucet venu bousculer une hiérarchie arbitrairement établi par le jeu des pronostics et des statistiques. Ce groupe présenté comme l’un des moins intéressants après le tirage au sort, était voué à se jouer entre le FC Porto, le Zenith Saint-Petersbourgh et le Chakhtior Donetsk. Personne n’aurait misé le moindre centime sur les chances de qualification de l’APOEL Nicosie, tant cette dernière équipe semblait destinée à l’obscure rôle de faire-valoir qu’elle a toujours tenu en coupe d’Europe. Et pourtant aucune routine n’est immuable. Bénéficiant de l’expérience acquise lors de ses précédentes participations, la formation Chypriote est parfaitement entrée dans la compétition signant d’entrée un succès contre un Zenith médusé. Les journées suivantes l’APOEL s’appliquera à prouver qu’il est plus qu’un épiphénomène en rendant la tâche difficile à ses adversaires qui s’y sont tous cassés les dents, incapables de trouver une formule pour les battre. Porto concèdera même une défaite qui compromettra ses chances de qualification. L’APOEL continuera sur sa lancée et décrochera son billet dès la cinquième journée à la surprise générale. Il concèdera bien une défaite lors de la dernière journée mais l’essentiel est ailleurs, l’APOEL Nicosie entre dans l’histoire en devenant le premier club Chypriote à passer les poules en C1.
Derrière cette formation inattendue, la tendance a plutôt été à la déception. Les trois favoris ont joué avec le frein à la main et n’ont jamais réussi à prendre l’allant dans ce groupe extraordinairement homogène. C’est finalement le Zenith qui décrochera le second billet sans briller. Dans cette grand-messe des scores étriqués (sept buts seulement inscrits pour les deux meilleures attaques) et des matchs soporifiques, le FC Porto est renvoyé à ses insuffisances dans cette Europa League dont il est tenant du titre. Le club ukrainien de Donetsk aura été la plus grosse déception du groupe. Incapables de se sublimer, ceux qui l’an dernier étaient en quarts de finales se retrouvent éliminés de toute compétition européenne. Un échec qui risque de faire bouger pas mal de choses chez la locomotive du futur hôte de l’Euro.
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Groupe H: La force tranquille
Au final le groupe H aura été celui dans lequel la logique aura été respectée de bout en bout. Mettant aux prises le FC Barcelone, le Milan AC, le Bate Borisov et les inconnus du Viktoria Plzen, cette poule connaitra un dénouement sans surprises. Comme on pouvait s’y attendre Milan et le Barça ont survolé la poule au point que le premier s’est même permis de baisser le pied une fois sa qualification acquise. Très vite le seul enjeu est devenu la première place du groupe et les deux chocs au sommet entre les artistes Catalans et les solides Milanais. Cette double confrontation aura finalement profité au Barça qui remportera le second match mais aura tenu toutes ses promesses au plan du jeu et du suspense, rendant du même coup les autres matchs du groupe moins intéressants. Heureusement à défaut de sortir des sentiers battus, le spectacle aura au moins été assuré. Seul fait marquant le manque de répondant d’un Bate Borisov qu’on a connu plus en jambes. Résultat, le surprenant Plzen jouera sa carte à fond et parviendra à décrocher cette troisième place synonyme d’Europa League. Après tout, il n’y avait pas grand-chose d’autre à espérer.
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