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Kombouaré dans la tourmente

Antoine-Kombouar%C3%A9 Kombouaré dans la tourmente

De tradition l’automne dans le microcosme du football français est la saison propice aux crises dans les clubs. Entre querelles de dirigeants, guerres de vestiaire, déroute sportive, conflits avec les supporters et parfois les médias l’actualité footballistique est généralement plus que chargée dans cette période d’octobre-novembre où les acteurs de la Ligue 1 ont pris la sale habitude de se donner en spectacle. Il y a bien sur des formations qui étonnent par leur régularité dans cet exercice dépréciatif, au nombre desquels le Paris Saint-Germain coutumier du fait avec sa désormais traditionnelle crise de novembre. D’une année à l’autre les raisons divergent mais le fondement fini toujours par avoir des répercussions sur le sportif. Et cette année encore le PSG n’y a pas échappé.

Pourtant au sortir de l’été tous les compteurs étaient au vert pour le club parisien. Son rachat par des investisseurs qatariens lui avait permit de bénéficier d’une manne financière jusqu’alors inespérée et de réaliser un recrutement de choix. Cette campagne de transfert menée tambour battant et l’arrivée d’un directeur sportif de premier plan, à savoir Leonardo, avait suffi à faire de ce PSG aux ambitions retrouvées un des, sinon LE, grand favori de l’exercice en cours. Il faut dire aussi qu’en dépit d’un premier match raté, la mayonnaise semblait avoir pris avec un jeu léché et une efficacité retrouvée confirmant les espoirs placés en ce club souvent placé mais rarement gagnant. Fort d’une première place au classement et d’une supériorité technique outrageuse, le Paris Saint-Germain paraissait être en mesure de tout rafler cette année, surtout ce titre de champion qui lui semblait déjà promis après dix-sept années de disette.

L’automne s’annoncera malheureusement trouble. Après une élimination surprise en coupe de la ligue (sorti par le promu dijonnais), le PSG a continué à piquer du nez concédant un nul en championnat mais surtout deux défaites retentissantes en championnat. Battu par les modestes nancéiens, le PSG a sombré corps et biens au Vélodrome lors du choc au sommet contre Marseille, rendant une copie totalement indigne de son nouveau standing et abandonnant au passage sa place de leader à Montpellier. Pour ne rien arranger la récente défaite en Europa League (objectif déclaré du club à en croire ses dirigeants) contre le Red Bull Salzbourg est venue aggraver la situation de crise qui prévalait déjà. Quasiment éliminé de la coupe d’Europe (il faudra forcement battre l’Athletic Bilbao lors du dernier match et espérer que le Red Bull ne s’impose pas à Bratislava contre un adversaire déjà éliminé et donc démotivé), sorti de la coupe de la ligue et à la peine en championnat on se demande bien comment le PSG parviendra à redresser la barre et à sauver sa saison.

Au vu des joueurs à disposition, le club semble parfaitement capable de rebondir, mais les deux dernières défaites et surtout la drôle de gestion du groupe d’Antoine Kombouaré (choix tactiques étranges face à Marseille et composition d’équipe incompréhensible contre le Red Bull) ne rassurent pas. Nombre d’observateurs l’avaient déjà noté en début de saison, le PSG ne joue pas en équipe. Plus qu’une simple question d’automatismes, ses « quatre fantastiques » (Menez-Pastore-Gameiro-Nené) renâclent à défendre, ne respectent pas les consignes et ont tendance à trop se reposer sur leurs lauriers, privilégiant beaucoup trop l’exploit individuel. De plus son maitre à jouer, Pastore, enchaîne les piètres performances et n’est plus que l’ombre du joueur qu’il a été en début de saison. Privé de ballons, Kevin Gameiro aura beau essayé de faire la différence, sans succès. Ajoutons à ça l’individualisme forcené de Jeremy Menez et on comprend mieux les déboires offensifs de ce quatuor taillé pour briller. Conséquence peu de buts et vu que la défense est largement perfectible vu que trop souvent livrée à elle-même, il ne faut pas espérer de miracles. Pour le match contre Salzbourg, Kombouaré a bien essayé de créer un électrochoc en alignant l’équipe bis qu’il a l’avantage de mieux connaitre vu que composée essentiellement de joueurs présents au club depuis plusieurs saisons, mais cette tentative fut un échec, le renvoyant à ses incertitudes. Plus que jamais Antoine Kombouaré est en sursis et une défaite de plus pourrait vraisemblablement scellé son sort.

Il faut avouer aussi que la direction du club n’a pas brillé sa franchise. En mettant d’emblée Kombouaré dans une position de sursitaire, voire d’intérimaire, Leonardo et les nouveaux propriétaires ne lui ont pas facilité la tâche. De plus la vague de rumeurs au sujet du futur coach (on parlait entre autres de Mourinho) n’a pas non plus apaisé le climat. On en vient même à se demander si le recrutement était réellement celui que souhaitait Kombouaré. La goutte d’eau qui fit certainement débordé le vase fut la rencontre entre Leonardo et Carlo Ancelotti à Paris, réveillant le malaise présent au sein de l’encadrement technique alors que le club avait encore toutes ses destinés sportives entre ses mains. On ne peut raisonnablement arguer que cet évènement n’a pas déstabilisé le groupe. Depuis, le PSG est devenu une équipe quelconque, sans envie, tuant le semblant de fond de jeu qui était là. Et le pire est que l’apaisement ne semble pas être pour tout de suite avec les nombreux bruits de couloir envoyant Beckham à Paris et des entraineurs plus prestigieux sur le banc. La volonté des propriétaires de faire de ce club une vitrine ne fait que contribuer à élargir le fossé entre un coach plus qu’affaibli et un président trop ambitieux. Les qatariens veulent du clinquant et si possible du vendable, toutes choses qui ne correspondent pas au style Kombouaré. Il est acquis que finir la saison sans titres aura raison de sa tête mais aussi de celles de la majeure partie de l’effectif qui sera invité à aller voir ailleurs dès la saison prochaine. Dans cette atmosphère il est impératif de s’imposer avec la manière contre Auxerre ce week-end sous peine d’éviction. Bien malin qui pourra prédire si Kombouaré survivra à cette tempête et pourra de nouveau s’assoir sur ce banc en janvier.

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