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Où en sont les têtes d’affiche des 90’s ?

A l’image de tous les genres musicaux, le rap est amené à constamment se renouveler, s’ouvrant à d’autres courants, se soumettant à d’autres tendances et adoptant de nouveaux canons scripturaux et musicaux. Ainsi sommes-nous passés des couinements répétitifs des beats old school au son plus dépouillé des 90’s, des textes légers des débuts aux brûlots politico-sociaux puis aux ghettostories et aux délires consuméristes. Ces nombreuses évolutions ne se font bien sur pas sans déperditions, tant au plan des courants que des acteurs. Ces derniers ont parfois énormément de mal à se maintenir au top et même quand ils y parviennent c’est rarement en gardant toute leur intégrité. Il suffit d’ailleurs de jeter un œil aux charts pour se rendre compte que nombre de ceux qui faisaient naguère la pluie et le beau temps sur la planète rap sont moins en vue à présent. Toutes choses qui conduisent à se demander de quelle façon ceux-ci ont géré cette progressive mise à l’écart du public et surtout que sont devenus les rappeurs et groupes buzzés de la période 1995-2000. Ce petit tour d’horizon ambitionne de fournir quelques réponses.

Précisions: Nous avons choisi de ne parler que de ceux qui étaient réellement des têtes d’affiche dans la seconde moitié des années 90, qui ont suscité une certaine unanimité à ce sujet et qui sont encore en activité. Ainsi ceux qui pour une raison ou une autre n’avaient pas les faveurs de la base bien qu’étant de gros vendeurs (La No Limit Family, Juvenile, Ma$e, Diddy, Wyclef Jean…), les rappeurs décédés et ceux qui n’étaient pas encore starisés ou qui n’en étaient qu’à leurs grands débuts solos (Eminem, Ja Rule, Cam’ron…) ne seront pas évoqués.


dr.-dre Où en sont les têtes d'affiche des 90's ?
Dr. Dre

Après un passage à vide consécutif à son départ de Death Row, le bon docteur s’est brillamment remis en selle via la signature d’Eminem mais surtout avec son monumental deuxième album Chronic 2001. S’il n’a jamais été un foudre de guerre au mic, sa carrière de producteur s’est elle par contre vue totalement relancée par ce set. S’en suivront une collection de succès, de projets probants et une place de producteur numéro 1 au début du siècle que personne n’osera démentir. Problème la seconde moitié de la décennie sera moins probante. Annoncé pour 2006, son troisième album solo Detox est devenu le pont-aux-ânes de la presse et du public hip-hop. Indéfiniment repoussé, il n’aura pour seul effet que d’entretenir un buzz artificiel à coups de déclarations sans lendemain et d’annonces tapageuses. De plus, Dr. Dre ne semble plus aussi affuté aux machines que par le passé. Les productions qu’il a fournies ces cinq dernières années sont aux antipodes de celles de la période 1999-2005 en terme de qualité, bien qu’elles soient loin d’être mauvaises. A force, le bon docteur risque fort de finir avec un statut de producteur ordinaire (et de vendeur de casques audios) surtout que les deux derniers singles censés annoncer Detox n’ont pas convaincu sur ses capacités en ce sens-là.


Jay-Z

S’il y en a bien un qui aura su négocier le virage des tendances et conserver son statut c’est bien Mr. Carter, mais à quel prix? Bien sûr parader au bras de Beyonce et avoir réussi une entrée fracassante dans le monde de la haute finance et des affaires aident bien, tout comme ses accointances avec les nouvelles stars (au sens de la popularité) de ce qui reste du rap mainstream. Cependant, musicalement Hova est dans le creux de la vague et depuis son retour dans le game en 2006, il n’aura pas réussi à retrouver la constance qui avait jusque là été son point fort. A l’exception d’American Gangster, sa discographie post-retraite est assez pitoyable. Il s’est notamment fourvoyé avec le troisième volet des Blueprint, livrant un disque indigne de son statut en dépit de ventes appréciables. Il s’est malheureusement cru obligé d’enfoncer le clou avec son disque commun avec Kanye West. Watch The Throne tutoie en effet les tréfonds du risible. Difficile de croire que cet homme est l’auteur de Reasonable Doubt, The Blueprint et The Black Album. Et le pire, au vu de ce qu’il annonce, ce n’est pas prêt de s’arranger.


Nas

Après des débuts fracassants, l’étoile de Nas semblait pâlir d’année en année (le paroxysme est atteint avec son quatrième album Nastradamus). Il faudra son beef avec Jay-Z et des épreuves personnelles (divorce, mort de sa mère…) pour qu’il revienne à son meilleur niveau au début du siècle. Seul problème, s’il est toujours aussi efficace et qu’il aura réussi malgré tout à conserver sa street credibility, sa musique n’en finit pas de diviser les fans de la première heure. Il faut dire que ses deux derniers albums solos ont été au centre de polémiques suscitées par Nasir Jones lui-même. Une chose est certaine, un album de Nas n’a jamais été apprécié à sa véritable valeur, qu’on le reconnaisse ou non. Son statut de légende vivante ne l’avantage pas toujours lorsqu’il est question de juger son travail. Malgré tout, de toutes les têtes d’affiche du passé, il est l’un des seuls à avoir encore tout son crédit et à ne pas s’être fourvoyé dans les méandres de l’industrie. Espérons que ça dure.


Snoop Dogg

Lui aussi aura connu un passage à vide durant sa période No Limit. Il reviendra cependant en excellente forme à l’aube du nouveau millénaire avec Tha Last Meal, un disque sur lequel il retrouve Dr. Dre et qui se situe plus ou moins dans la lignée de Chronic 2001. Malheureusement les choses vont se gâter par la suite quand il s’en ira voler de ses propres ailes. Paid Tha Cost To Be Da Boss divisera son public, mais c’est avec la sortie de R&G – The Masterpiece qu’il sèmera définitivement les fans de la première heure en s’inscrivant dans le monde de la pop. L’heure n’est plus au gangsta rap et aux histoires de jeune crip. Snoop ambitionne dorénavant se faire plaisir musicalement tout en faisant danser les foules. S’il parle toujours de défonce, c’est de façon limite soft. On est loin de la brutalité des rimes puant le vécu. Son flow laid-back inimitable est toujours là, mais ce n’est décidément plus du côté des meilleurs MC’s qu’il faut chercher Snoop. L’intéressé lui-même confesse être passé à autre chose. Il s’est mué en icône pop et people et semble déterminé à persévérer dans cette voie.


Ice Cube

Incontournable au début des années 90 après avoir livré quatre albums depuis entrés dans les annales, Ice Cube semblait intouchable et portait avec fierté son titre de roi de la West. Seul problème, il fera les frais de certaines de ses options artistiques. En s’investissant à fond dans la guerre East-West, il décevra une bonne partie de son public. Si son projet Westside Connection était encore tolérable, c’est surtout avec son War & Peace Vol.1 que son aur prendra un gros coup. Il ne retrouvera jamais la verve des débuts en dépits de quelques projets de bonne facture comme le Laugh Now, Cry Later de 2006. Un éclair qui restera sans suite vu que Raw Footage s’avèrera décevant et que I Am The West s’enfoncera encore plus. Son flow énervé est toujours de la partie tout comme son image de gangsta en colère, mais Cube ne fait malheureusement plus recette. Il éprouve d’ailleurs de sérieuses difficultés à se renouveler et en dépit d’une volonté affirmée de garder sa crédibilité, il semble être devenu définitivement has been.


Mobb Deep

Les galères de label auront eu raison de l’intégrité du duo le plus hardcore du Queens. Havoc et Prodigy auront définitivement marqué la deuxième moitié des 90’s avec trois disques depuis entrés au panthéon. Tout semblait aller bien dans le meilleur des mondes en dépit d’une baisse de régime dans les premières années du millénaire. C’est pourtant en coulisses que tout s’est joué. La ruine de leur label Loud, les met dans une position délicate et les oblige à devoir se trouver un nouveau point de chute. Ce sera chose faite avec une signature en grandes pompes chez Jive. Le résultat sera cependant moins probant avec un disque aux antipodes des attentes des fans de la première heure. Le duo se retrouvera par la suite chez G-Unit Records et sortira un autre album quasi-unanimement descendu par la critique à cause de sa couleur musicale pas assez street mais surtout à cause des performances faiblardes de Prodigy. L’incarcération de ce dernier mettra d’ailleurs l’avenir du groupe en péril. Libre depuis quelques mois, il retrouve son acolyte Havoc ainsi que leur producteur fétiche Alchemist pour un EP qui devrait les réconcilier avec leur public. Si l’influence de Mobb Deep n’est plus du tout ce qu’elle était, notamment chez les jeunes auditeurs, le duo peut toujours compter sur une fan base fidèle qui continue d’entretenir la flamme bien que le groupe n’aie plus convaincu depuis la tape Free Agents. En ce sens le Black Cocaine EP va constituer un tournant majeur. De sa réception dépendra l’avenir de Mobb Deep. Un autre échec sera très certainement préjudiciable.


Busta Rhymes

Après trois albums de qualité, Busta Rhymes connaîtra lui aussi un coup de mou avec son quatrième projet Anarchy. Moins inspiré que les autres, il marquera la fin d’une époque et partant de son aventure avec Elektra. Il signera par la suite en grandes pompes chez J Records, la toute nouvelle écurie de Clive Davis. S’en suivra un Genesis marquant un renouveau tant musical que commercial mais la suite s’avérera moins probante. It Ain’t Safe No More s’avérera décevant au niveau des ventes et précipitera son départ pour Aftermath. S’en suivra un album, The Big Bang, qui s’il est loin d’être mauvais ne correspond pas vraiment à la barbarie à laquelle il nous avait habitué. Son image trop lissée sur cet album ne convaincra pas les fans de la première heure. Par la suite tout ira de Charybde en Scylla. Alors que son deuxième album au sein d’Aftermath Blessed est sur le point de sortir, Busta s’embrouille avec Jimmy Iovine, patron d’Interscope Records, et se voit obligé de quitter le label. Il trouvera rapidement refuge chez Motown mais pondra par la suite son pire album, Back On My B.S., disque trop commercial incendié à juste titre par la critique. Depuis ce triste épisode, Busta n’a plus rien sorti, se contentant de signer de temps en temps des apparitions en featuring. Seul souci, ses dernières performances n’ont pas rassuré sur son niveau et on se demande bien s’il retrouvera ne serait ce que son niveau de It Ain’t Safe No More. Devenu vulgaire comparse, son image de rappeur proche du bitume s’est définitivement écornée.


DMX

Au sommet de son art dans la période 1998-2000, DMX connaîtra cependant une suite de carrière plus mouvementée, ruinée par ses problèmes personnels. En dépit d’un statut de numéro 1 dès sa sortie, The Great Depression ne fera pas l’unanimité. S’il se remet en selle avec la bande originale de son film Cradle 2 The Grave et ce qui était censé être son dernier album Grand Champ, son départ à la retraite va cependant plus le desservir qu’autre chose. Empêtré dans des problèmes judiciaires, il ne retrouvera jamais la sérénité. Son come-back s’avérera être un fiasco et ses soucis avec la justice ne feront qu’empirer. Résultat, X passera le plus clair de son temps derrière les barreaux. Ses nombreux séjours à l’ombre ne l’aideront pas non plus à garder la flamme, se contentant de quelques apparitions entre deux incarcérations, au point qu’en dehors des fidèles et auditeurs du passé, beaucoup l’ont oublié. Sa récente libération devrait lui permettre de reprendre le chemin des studios et un nouvel album a été annoncé. Cependant il lui sera difficile de revenir au premier plan, même si son agressivité légendaire et son flow de pitbull enragé ne l’ont pas quittés. De plus, son avenir discographique n’est pas encore fixé vu qu’il n’a toujours pas trouvé de point de chute en dépit de quelques offres mirobolantes.


Wu-Tang Clan

Difficile de penser qu’un crew intouchable, transformant en or tous les projets auxquels il participait foncerait à ce point dans le mur. A mesure que les années passaient et que les succès arrivaient, l’unité du groupe s’effilochait jusqu’à atteindre un paroxysme lors d’une tournée en 1999. Depuis, les tensions nées de ce couac ne seront jamais totalement aplanies mettant une mauvaise ambiance dans le Clan. RZA se coupera progressivement du reste des membres en persistant à gérer le groupe comme à ses débuts. The W souffrira du manque d’implication des entités du crew et Iron Flag connaîtra le même sort. S’en suivra une longue traversée du désert, ponctuée par la mort d’Ol Dirty Bastard en 2005, où chacun préfèrera se focaliser sur ses projets solos. Les erreurs du passé ne seront en plus pas retenues lorsque le groupe se reconstituera pour la réalisation de son cinquième opus 8 Diagrams. RZA se retrouvera en conflit plus ou moins larvé avec les autres membres et une fois de plus l’album s’en ressentira. Si le groupe peut toujours compter sur une fan base plus que fidèle qui le suivra quoi qu’il fasse, il n’en est pas de même du grand public rap qui a déjà fait le deuil du clan. Il faut se rendre à l’évidence, le Wu n’est plus un crew mais une association de bons MC’s sans plus. Et vu que les tensions ne semblent pas s’être apaisées, il est probable qu’il en restera ainsi. De plus, ce qui faisait la richesse du son made in Wu (beats caverneux, samples improbables…) a fait son temps. RZA n’a plus sorti de bonne production depuis des années et lui en panne d’inspiration, il ne faut pas espérer une probable renaissance du Clan.


Method Man

Au summum de sa popularité dans les années 1999-2000, Method Man jouera essentiellement sur son charisme et des performances de qualité en featuring pour entretenir la flamme auprès de ses fans. Malheureusement il paiera son hyper-activité, sacrifiant sa carrière de rappeur au profit de celle d’acteur. Son retour aux affaires sera vivement critiqué surtout que Tical 0: The Prequel sonne comme tout sauf un album de Meth. S’en suivra une volée de bois vert médiatique qui le conduira à tenter de rectifier le tir au plus tôt avec 4.21 The Day After. Pas suffisant cependant pour le réhabiliter définitivement. Pour ne rien arranger, il s’est emmuré dans un silence discographique seulement rompu par des projets en collaboration. Devenu pratiquement invisible dans le milieu, on pourrait affirmer qu’il est fini. Cependant l’homme a de la réserve et il prépare son retour pour 2012 avec un nouvel album attendu depuis des années Crystal Meth. Peu probable cependant que cela suffise à le faire revenir au premier plan.


Redman

L’autre moitié des Blunt Brothers a également connu une longue traversée du désert. Après des débuts efficaces et une ribambelle de succès, il connaîtra son premier couac en 2001 avec Malpractice. S’il n’y avait pas encore de quoi crier au loup, il fera surtout les frais de la gestion sibylline de Def Jam. Bloqué par son contrat, il fera six ans sans parvenir à sortir d’albums, pile poil ce qu’il fallait pour se faire oublier des fans. S’il revient en 2007 avec Red Gone Wild, l’intérêt à son sujet n’est plus ce qu’il était. Pour ne rien arranger, il sortira par la suite un disque en tous points catastrophique qu’on aurait tous préféré ne jamais entendre. Depuis, sa cote de popularité est au plus bas et ce n’est pas l’annonce de son futur album Muddy Waters 2 qui va rassurer les plus sceptiques. A l’heure actuelle, on voit difficilement comment il pourrait revenir au premier plan.


Outkast

Le duo géorgien en aura mis du temps à s’imposer. En dépit de deux premiers albums de qualité injustement sous-estimés à l’époque, il accédera au succès avec son troisième album Aquemini grâce au tubesque Rosa Parks. La suite sera une véritable success story. Stankonia surclasse la concurrence avec son ambiance funky et ses hits imparables et Speakerboxxx/The Love Below met le monde à genoux. Rien ne semble alors pouvoir arrêter Big Boi et Andre 3000 qui ont tout de même réussi l’exploit de mettre d’accord fan de soul, de rap et même de funk sur un seul album. La suite va cependant être plus délicate. Idlewild est légèrement en-dessous de leur production antérieure sans pour autant être moyen (il est même très bon). Après, le duo éprouvera de nombreuses difficultés à se retrouver. Big Boi ayant entrepris de réaliser une carrière solo en plus de leurs projets cinématographiques personnels, le groupe sera alors mis en suspens. Le succès continuera cependant de le visiter vu que le projet solo de Big Boi Sir Luscious Left Foot fera l’unanimité. Outkast peut se targuer d’avoir une discographie sans faute où tous les albums sont excellents. Cependant leur trop long silence pourrait les desservir à terme. Heureusement, le duo pense effectuer son retour avec un nouveau projet attendu courant 2012.


The Roots

Moins médiatiques que la majeure partie de leurs pairs, la formation de Philadelphie aura cependant réussi à s’imposer comme un des groupes sur lesquels il importe de compter avec Illadelph Halflife et le classieux Things Fall Apart. Le single You Got Me consacré par un Grammy achèvera de faire de ce band l’un des plus déterminants de la décennie. The Roots sont l’exemple parfait du groupe qui aura survécu contre vents et marées à toutes les mutations de l’industrie musicale. Forts d’une très grande maîtrise de la scène, d’une instrumentation parfaitement huilée et d’interprètes de talent, The Roots garderont leur niveau de sortie en sortie et ce malgré une discographie plus qu’abondante. Il est l’un des rares groupes à n’avoir jamais déçu, et s’il ne fait pas partie des plus buzzés du moment, il conserve une crédibilité au moins identique à celle des années 90. Peu d’artistes ayant débuté en même temps qu’eux peuvent se targuer d’avoir produit autant de disques de cette qualité et ce tous genres confondus.


Cypress Hill

Aussi inclassable que son public, le groupe californien surfera allègrement sur sa mixité musicale enrichissant sa palette de références reggae mais surtout en lorgnant de plus en plus vers le rock. Si jusqu’à IV le groupe peine quelque peu à se renouveler en dépit d’une efficacité de bon aloi, la suite est moins réussie. Avec Skull & Bones le groupe livre un double album censé satisfaire leurs deux backgrounds avec un premier aux influences hip-hop et un second orienté rock. L’essai ne sera pas totalement transformé à cause de ce format un tantinet trop hybride pour les deux publics, surtout que Cypress Hill avait jusqu’à présent pris l’habitude de ne jamais chercher à séparer ses deux influences. Le disque suivant Stoned Raiders revient à une approche plus consensuelle mais s’avère être un échec commercial. Son successeur Til Death Do Us Part divisera encore plus leur public qui ne réclamait rien d’autre qu’un retour aux fondamentaux des premiers albums. Les années suivantes confirmeront les limites du groupe. Son architecte sonore DJ Muggs n’a pas su rafraîchir son style et est passé de producteur majeur à concepteur musical lambda (une tendance qui s’est confirmée avec ses projets personnels). B-Real n’est quant à lui plus aussi saignant que par le passé. La réunion du combo en 2010 pour l’album Rise Up achève de conforter ceux qui clament que le groupe n’a plus rien à apporter. Pour un disque attendu depuis 2006 et sans cesse décalé, on était en droit d’espérer bien mieux. Il sera d’ailleurs confiné à un relatif anonymat et en dehors de ceux qui suivent l’actualité de très près, peu réaliseront que cet album est enfin sorti. Les ventes s’avéreront d’ailleurs faiblardes et on se demande bien si Cypress Hill parviendra à rebondir.


Lil’ Kim

La Queen Bee aura définitivement marqué les esprits dans les années 90 avec ses lyrics sexuellement explicites et son personnage de bitch consacré par son premier effort solo Hard Core (le titre parle de lui-même). Protégée et amante de Notorious B.I.G., elle mettra du temps à se remettre, musicalement s’entend, de la disparition tragique de ce dernier. Son retour dans les bacs avec Notorious K.I.M. sera décevant dans la mesure où cet album n’aura été qu’une déclinaison low-cost de son premier opus. Toutes choses qui la décideront à rebondir au plus vite. La Bella Mafia rectifiera admirablement le tir. Les soucis judiciaires auront par la suite raison de sa carrière. Incarcérée au moment de la sortie de son quatrième album The Naked Truth, celui-ci se vendra bien moins que les trois précédents faute de promotion et ce bien qu’il soit un des meilleurs disques de sa carrière (il recevra un peu abusivement les 5 mics du magazine The Source, soit la note maximale généralement réservée aux classiques même si c’est moins le cas ces dernières années). S’en suivra ensuite une traversée du désert où la belle peine à retrouver son statut au strict plan rapologique. Elle s’est depuis davantage illustrée par ses extravagances mais surtout par son beef ridicule avec Nicki Minaj.


Fat Joe

Unique membre du D.I.T.C. a avoir fait son trou dans le mainstream, Fat Joe n’accèdera au statut de rappeur grand public qu’avec son troisième album Don Cartagena, sorti suite à sa signature pour Atlantic Records. Si par la suite sa musique deviendra générique et plutôt éloignée de ses débuts, il connaîtra une carrière jalonnée de jolis succès. La machine connaîtra cependant ses premiers ratés suite à son beef avec 50 Cent. Son sixième album All Or Nothing, trop axé sur cette embrouille, ne trouvera pas son public. S’en suivra une rupture de contrat et même s’il retrouve rapidement un nouveau deal (il signe chez Virgin Records), il n’en sera pas de même pour la formule gagnante qui a prévalu sur ses précédents opus. Tournant le dos à ses origines new-yorkaises, c’est désormais du côté de Miami qu’il se fera confectionner des hits qui ne feront que l’enfoncer vis-à-vis de son public originel. Si Me, Myself & I (paru en 2006) est encore acceptable, il n’en est pas de même pour The Elephant In The Room qui sera conspué par la critique et vomi par le public rap (Ce qui lui vaudra d’être ridiculisé par 50 Cent via une vidéo ayant fait le tour de Youtube). Pis, son disque suivant Jealous Ones Still Envy 2 sera tout simplement pitoyable. Il n’y aura rien à retenir de ce disque nullissime qui marquera la fin de son aventure en major. Récupéré par E1, il reviendra à une couleur musicale un peu plus consensuelle avec The Darkside Vol.1. Le disque recevra un meilleur accueil critique que ses derniers projets mais ne s’envolera pas non plus dans les charts. Depuis Fat Joe a perdu énormément de poids. Il envisage de boucler la trilogie The Darkside avec deux nouveaux volets avant de se retirer définitivement.


Foxy Brown

Après des débuts en fanfare et un premier album de qualité, Ill Na Na, Foxy Brown ne parviendra jamais à retrouver la verve de ses débuts. Lâchée par ses ghostwriters, il lui faudra de gros efforts d’écriture pour tutoyer la facilité de Lil’ Kim en matière de bitch attitude. Son deuxième opus Chyna Doll bénéficiera de bonnes ventes sans pour autant être convaincant. Une tendance qui sera confirmée avec Broken Silence qui ne se hissera pas au niveau d’Ill Na Na. Viendra ensuite une accumulation de déboires judiciaires qui plomberont sa carrière. Son quatrième opus Ill Na Na 2: The Fever ne sortira jamais, Def Jam lui rendra son contrat et Foxy finira par faire un séjour derrière les barreaux. Elle signera tout de même chez Koch Records en 2007 et sortira un street album, Brooklyn’s Don Diva, l’année suivante. Composé essentiellement d’unrealeased ce disque restera anecdotique. Elle devrait cependant faire son retour avec Black Roses, un album sans cesse repoussé qui pourrait voir le jour en 2012.


DJ Quik

Celui qui restera à jamais un des meilleurs producteurs de la côte ouest, injustement mésestimé du grand public, aura eu lui aussi son lot de déboires dans le nouveau millénaire. Bien moins populaire que ses autres collègues de la West, il se sera malgré tout imposé dans le paysage rapologique de la fin des 90’s grâce à une discographie solide et des productions de qualité. Malheureusement, les choses se gâtèrent avec le pourtant réussi Balance & Options. Déçue par les ventes faiblardes (moins de 500.000 copies), sa maison de disques, Arista, mettra un terme à leur collaboration. C’est donc sur le label indépendant Ark 21 qu’il sortira son disque suivant Under Tha Influence annonçant dans la foulée sa retraite. Il reviendra cependant sur sa décision et continuera à distiller ses productions un peu partout. Il créera par la suite son propre label Mad Science Recordings sur lequel il sortira son septième album Trauma. Une sortie qui restera relativement confidentielle. Il ne rendossera sa casquette de MC qu’en 2009 à la faveur d’un album commun réalisé avec Kurupt, BlaQKout. Il a fini par sortir un nouvel album cette année, The Book Of David, plutôt bien accueilli par la critique. Cependant Quiksta n’est plus sous le feu des projecteurs.


Warren G

Après avoir pété le score avec son premier effort Regulate… G-Funk Era, le demi-frère de Dr. Dre continuera sur sa lancée avec un Take A Look Over Your Shoulder (Reality) aux influences G-Funk plus que marquées. Les problèmes commenceront lorsqu’il décidera de faire évoluer son style. Pour son troisième album I Want It All, il s’essaiera à une fusion Jazz-Rock qui si elle s’avère plutôt réussie connaîtra cependant plus de difficultés à se vendre. Ce dernier album ne sera que certifié or, ce qui entraînera son départ pour la major Universal Records. En dépit de moyens conséquents, The Return Of The Regulator ne sera pas non plus un grand succès, la faute à une direction artistique trop prévisible. Son apparition sur le très attendu album de son groupe originel 213 (qu’il formait avec Snoop Dogg et Nate Dogg) ne rassurera pas sur sa capacité à rebondir vu qu’il apparaîtra comme le boulet du crew. La suite de sa carrière s’en ressentira. Ses deux albums suivants ne passeront pas le statut de la confidentialité. Il a annoncé vouloir donner une suite à son premier album sans pour autant préciser l’état d’avancement du projet.

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4 comments

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Carmelo

Concernant Busta ça va être pire avec son prochain album. Quik par contre aurait clairement mérité une meilleure reconnaissance.

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    Nigga Against Societ

    On peut dire qu'il t'a donné raison avec Year Of The Dragon. Ok c'est un free realeased mais quelle bouse!

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Jax

On ne voit pas la photo de Foxy (je suis sous Chrome)

    comments user
    Nigga Against Societ

    Moi ça va par contre (je suis sous Firefox). Actualise ton navigateur voir.