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Snoop Dogg-Malice N Wonderland 10/20

Snoop-Dogg-Malice-n-Wonderland Snoop Dogg-Malice N Wonderland  10/20

Sortie: 8 décembre 2009

Label: Doggystyle/Priority

Producteurs: Scoop DeVille, The-Dream, Tricky Stewart, Dr. Dre, Terrace Martin, Lil Jon, Teddy Riley, Nottz, Timbaland, The Neptunes, B-Don, Danja, Battlecat, Snoop Dogg

A peine parti que déjà il signe son retour.Une année seulement après le contesté Ego Trippin, le chien de Long Beach revient dans les bacs avec son dixième album. Ce disque s’annonce d’ores et déjà dans la lignée de ce à quoi Snoop nous a habitué depuis R&G, à savoir faire danser les foules tout en se faisant plaisir quitte à livrer un projet fourre-tout dans lequel tout un chacun pourra avoir son compte. Si jusqu’alors le contrat avait été plus ou moins respecté avec quelques titres plus consensuels au milieu des confiseries dont notre chien est désormais si friand, ce n’est pas vraiment le cas avec cet opus.
Commençons tout de même par le commencement. Les plus perspicaces se rappellent que Snoop Dogg a toujours couru après son indépendance artistique. C’est fort de cette idée que son propre label Doggystyle Records avait vu le jour en 1999, un peu avant la fin de son contrat avec No Limit. Les impératifs économiques étant ce qu’ils sont, notre chien devra mettre ses velléités en suspens le temps de mieux se retrouver. Finalement libéré de ses obligations avec Geffen, il prend donc le chemin de l’indépendance (quoique relative vu que la distribution est tout de même assurée par Priority) à l’instar de beaucoup de ses illustres collègues (Ice Cube, Rakim…) et entame dans la foulée la réalisation de ce dixième album. Première conséquence, il se retrouve avec la casquette de producteur exécutif. Deuxième effet pervers, le nombre de tracks est revu à la baisse, une première dans sa discographie solo.Il faudra se contenter de douze titres en plus d’une intro et d’une outro des plus dispensables. Heureusement sa longévité dans l’industrie lui a tout de même permis de se constituer un solide carnet d’adresses. Il s’entoure donc d’une brochette de producteurs des plus variées. Entre vieux compagnons de route (Battlecat, Dr. Dre…), habitués (Teddy Riley, The Neptunes, Scoop DeVille), et collaborateurs côtés du moment ( Danja, The-Dream) la diversité est assurée. De quoi prêter à un minimum d’optimisme pour la qualité de cet opus. Les fuites s’avèreront cependant peu rassurante, tout comme la tracklist dont la publication fera naitre de sérieux doutes sur le contenu. Heureusement encore que la pochette est belle.
Premier constat à l’écoute, le disque est conforme aux prévisions que laissait entrevoir la tracklist et l’orientation de l’auteur ces dernières années. Comme trop souvent, il suit parfaitement la tendance se contentant d’assurer le minimum syndical au micro. On en attendait pas mieux vu que depuis Tha Last Meal sa street crédibilité est sur la pente descendante, mais là on a droit à du Snoop fatigué. Le chien a définitivement perdu ses crocs et n’est plus bon qu’à se rependre en jappements attendrissants et en aboiements légers dignes d’un chihuahua asthmatique. Pour le reste le contenu du disque ravira à n’en point douter l’association des odonto-stomatologistes. C’est mielleux au possible, limite mièvre et surtout peu inspiré. La niche du pittbull s’est muée litière de chat persan. Il faut se rendre à l’évidence le jeune Crip qui avait pris le hip-hop en levrette il y a plus de quinze ans n’est plus. Les rues sales polluées par les gangs n’étant plus son territoire de prédilection, il se vautre désormais dans une literie cotonneuse à souhait. Et ce au mépris des fans de la première heure qui avait espérer un éventuel retour aux sources (en même temps il ne fallait pas rêver).
Tout démarre pourtant bien avec un I Wanna Rock plutôt efficace sans pour autant être exceptionnel.Un titre qu’on qualifierait de moyen à l’échelle des possibilités microphoniques de Snoop mais qui s’avère de très bonne facture au vu de l’ensemble. Même impression avec le trop bref 2 Minute Warning qui lui succède. A partir de la quatrième piste on oscille entre le bon et le moins bon. Snoop ressuscite Lil Jon le temps d’un 1800 sans éclat mais marque surtout la tendance sudiste de cet opus. Un choix pas des plus fructueux d’autant qu’il accouche de titres peu convaincants à l’image d’un That’s That Homie sans intérêt sur lequel on aurait très bien pu remplacer ses couplets par ceux de Gucci Mane sans que personne ne crie au scandale. Les tréfonds de la médiocrité sont atteints avec le pathétique Pronto qui invite le chouchou des kikoolols, j’ai nommé Soulja Boy. Pas de « Yoooou » au menu cette fois-ci. Notre petit père se permet même de livrer une performance de très bonne facture comparée à ses propres compositions. Ça reste cependant aussi mou qu’un pénis de môme et pour ne rien arranger le long chien se met au niveau de son invité avec une performance de liliputien haltérophile .Un titre tout simplement abominable desservi par un refrain des plus risibles où ce qui reste de la voix de notre jeunot après un passage sous auto-tune se charge de remplir de joie les ORLs. Boules Quiès vivement recommandées pour ce titre sous peine d’être pris de pulsions meurtrières. Le massacre se poursuit avec les deux combinaisons avec The-Dream (Gangsta Luv et Luv Drunk) qui sans être mauvaises ne convaincrons que les amateurs de sons légers. Il a beau retrouver ensuite R. Kelly pour un ersatz de That’s That Shit sur Pimpin’ Ain’t EZ on n’en demeure pas moins dubitatifs.
Une poignée de titres vient cependant sauvé l’album du naufrage. Jazmine Sullivan donne une dimension supplémentaire à Different Languages orchestré par Teddy Riley et Scoop DeVille, sans pour autant que Snoop brille. La mayonnaise s’épaissit cependant grâce au plus street Upside Down qui vaut tout autant pour les bonnes prestations des rookies Nipsey Hussle et Problem. C’est finalement les vieux fidèles qui livreront les meilleurs titres. Snoop retrouve Battlecat et Kokane sur Secrets pour un titre plus que convaincant nous rappelant qu’il y a bientôt dix ans ils faisaient des étincelles tous trois. Un morceau qui fera la joie des nostalgiques. Dans un autre registre le très bon Special sur lequel il bénéficie du renfort de Pharrell Williams et de Brandy satisfera également les acheteurs de R&G.
Cependant sans être mauvaise langue ou ironique l’album se révèle plutôt agréable à écouter. Léger mais tout de même plaisant, il s’avère accrocheur et séduira sans peine les amateurs de sons sans prises de tête. Au vu de ce virage assumé, il serait inapproprié de dire que la descente aux enfers de Snoop continue et que ce disque de plus l’enfonce un peu plus dans l’océan de la wackitude. L’album aurait cependant pu être de bien meilleure facture s’il avait été d’avantage peaufiné. Assurément un de ses plus mauvais disques et sachant qu’il persistera dans cette voie, il y a fort à parier que le suivant risque d’être tout simplement indigeste.

10/20

Tracklist

  1. « Intro »
  2. « I Wanna Rock » (prod. Scoop DeVille, co-prod. Dr. Dre)
  3. « 2 Minute Warning » (prod. Terrace Martin)
  4. « 1800 » (feat. Lil’ Jon) (prod. Lil’ Jon)
  5. « Different Languages » (feat. Jazmine Sullivan) (prod. Teddy Riley & Scoop DeVille, co-prod. PMG)
  6. « Gangsta Luv » (feat. The-Dream) (prod. The-Dream & Tricky Stewart
  7. « Pronto » (feat. Soulja Boy) (prod. B-Don, co-prod. Super Ced)
  8. « That’s Tha Homie » (prod. Danja, co-prod. Timbaland)
  9. « Upside Down » (feat. Problem & Nipsey Hussle) (prod. Terrace Martin, co-prod. Jason Martin)
  10. « Secrets » (feat. Kokane) (prod. Battlecat)
  11. « Pimpin Ain’t EZ » (feat. R. Kelly) (prod. Nottz)
  12. « Luv Drunk » (feat. The-Dream) (prod. The-Dream & Tricky Stewart)
  13. « Special » (feat. Brandy & Pharrell Williams) (prod. The Neptunes)
  14. « Outro »

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