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Nas – Nastradamus

Nas-Nastradamus Nas - Nastradamus

Sortie: 23 Novembre 1999
Label: Ill Will/ Columbia
Producteurs: L.E.S., Dame Grease, DJ Premier, Havoc, Timbaland, Rich Nice, Nashiem Myrick & Carlos Broady

Le moins que l’on puisse affirmer est que la côte de Nas n’est pas au mieux en cette fin d’année 2000. En dépit du succès commercial d’It Was Written et I Am… ses deux précédents albums, le street poet est la cible de critiques plus ou moins acerbes d’une frange de plus en plus grandissante de listeners lui reprochant de s’être dilué au contact du dollar-roi. I Am… s’était ainsi pris une volée de bois vert de la part des hip-hop heads horrifiés de voir l’une de leurs valeurs sures sombrer dans la facilité. Honni par la base, Nas se devait donc de réagir au plus vite. Première nouveauté, la création d’Ill Will Records, son propre label. Annonce d’une résurrection musicale ou plongée encore plus profonde dans le clinquant milieu de l’entertainment? Nous n’aurons pour seule réponse qu’une volonté affirmée d’assumer son indépendance (surtout que l’interventionnisme de Steve Stoute a en partie été la cause des critiques faites à l’opus précédent). Soit mais qu’en est-il du futur? Pas de quoi paniquer, Nas annonce la sortie prochaines des titres retirés de la tracklist originelle de I Am… Réputés plus consensuels, ces sons dont on a pu entendre quelques bribes sur diverses mixtapes laissaient à penser que Nasir Jones reviendrait encore plus fort après un album décevant. Qu’importe alors que ce futur disque d’Unrealesed tracks sorte la même année que son prédécesseur multi-platiné. Du moment que son auteur revient à la rue c’est toujours ça de gagné. Nas a cependant plus d’un tour dans son sac. Il surprend tout le monde en révélant être retourné en studio enregistrer un nouvel album. Ce ne seront donc pas des chutes de studios mais un véritable album qui sera livré. Seul hic au vu de sa dernière sortie, on est plutôt tentés de ne pas mourir d’impatience et de nous contenter d’un « Attendons voir ce que ça donne ». Arrive enfin le premier single « sobrement » intitulé Nastradamus (du même titre que l’album). Ce titre était censé annoncer son retour aux affaires, mais il s’avère peu captivant et surtout peu convaincant. Le sample de James Brown, usiné par un L.E.S. de moins en moins inspiré, conserve un minimum d’efficacité, mais cela s’avère insuffisant pour nous rassurer. Devant l’accueil mitigé de cet éclaireur, Nas décide de sortir directement le disque.
On avait tous espéré la grande résurrection de Nas avec cet album, mais les écoutes des différentes pistes viennent confirmer qu’il s’enfonce de plus en plus. Nas n’a jamais été aussi décevant que sur ce disque. Performances en dents de scie, mauvais choix de productions, featurings peu fructueux, Nas est vraiment en petite forme sur ce disque. Pis il semble avoir égaré sa plume légendaire lors des sessions d’I Am… Pour du Nas l’album s’avère pénible à écouter. On y trouve même deux titres franchement agaçants: un Big Girl sans aucun relief et un New World plus que faiblard reprenant un sample des plus grillés (Africa de Toto) produit par un L.E.S. définitivement hors du coup sur cet album. Même sa collaboration avec DJ Premier (Come Get Me) s’avère peu captivante. Un titre moyen, à des années-lumière des New York State Of Mind et autres Nas Is Like. D’autres titres tout aussi ternes comme God Love Us ou Some Of Us Have Angels plombent aussi l’album. Tout comme un Quiet Niggas irritant où s’invitent les Bravehearts.
Heureusement un MC du calibre de Nas ne peut définitivement se complaire dans ce boui-boui quelconque. Il revient heureusement à lui de temps à autres sur des titres plus conformes à ce qu’on était en droit d’attendre de lui. Life We Choose où il revient sur le côté obscur de la vie de star et l’efficace Last Words en duo avec Nashawn viennent relever le niveau. Ses deux collaborations avec Havoc (à la production sur le sublime Shoot’Em Up puis au micro avec son acolyte de Mobb Deep, Prodigy, sur Family ) sont deux des hauts faits de ce disque. Le mélancolique Project Windows en collaboration avec Ron Isley est lui aussi de bonne facture, mais c’est trop peu pour un album qui était censé marquer un tournant dans la carrière de Nas. Au point que le hit You Owe Me boosté par Ginuwine sur une production de Timbaland s’avère presque convaincant au vu du manque d’éclat de cette copie rendue. Nas nous avait habitué à de l’excellent on ne peut se contenter du moyen.
Vous l’aurez donc compris cet album est en tous points perfectible et pourrait aisément être taxé d’indigne de Nas. Le point culminant de sa régression artistique est atteint avec ce projet insipide au regard de sa discographie. Quelques titres intéressants mais franchement trop moyen pour du Nasir Jones. Un de ses projets les plus mitigés.

12/20

Tracklist:

  1. The Prediction [Produced by Rich Nice]
  2. Life We Choose [Produced by L.E.S.]
  3. Nastradamus [produced by L.E.S.]
  4. Some Of Us Have Angels [Produced by Dame Grease]
  5. Project Windows (Featuring Ronald Isley) [Produced by Nashiem Myrick and Carlos Brody. Reproduced by Poke & Tone]
  6. Come Get Me [Produced by DJ Premier]
  7. Shoot ‘Em Up [Produced by Havoc]
  8. Last Words (Featuring Nashawn Millenium Thug) [Produced by L.E.S.]
  9. Family (Featuring Mobb Deep) [Produced by Dame Grease]
  10. God Love Us [Produced by Dame Grease]
  11. Quiet Niggas (Featuring The Bravehearts) [Produced by Dame Grease]
  12. Big Girl [Produced by L.E.S.]
  13. New World [Produced by L.E.S.]
  14. U Owe Me (Featuring Ginuwine) [Produced by Timbaland]
  15. The Outcome [Produced by Rich Nice]

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