Kanye West – 808’s & Heartbreak
Sortie: 24 Novembre 2008
Label: Roc-A-Fella/ Island Def Jam
Producteurs: Kanye West, No I.D., Jeff Bhasker, Mr Hudson
On avait quitté Kanye West en pleine forme. Graduation, chapitre final de la trilogie de l’ourson avait connu un succès mondial en dépit des réserves émises sur certains choix artistiques. De plus la carrière de producteur du Louis Vuitton Don se portait (comme d’habitude dirait-on) à merveille. Voilà que se profile donc le quatrième projet de l’entertainer de Chicago. Les personnes ayant apprécié le précédent opus (j’en fais partie) en piaffaient d’impatience.
Malheureusement la presse se fera l’écho des (mauvaises) nouvelles au sujet de cet album. D’abord on apprend que cet album sera très personnel et en rapport avec les drames de sa vie (Perte de sa mère, rupture avec sa meuf…). Pas de quoi faire baisser le buzz, tout au contraire, surtout qu’un nouveau duel marketing avec l’ami Curtis se profilait (Bon ça en fait on s’en bat les yeuks). Première raison de douter, l’annonce de l’usage de la vieillote TR-808 comme boîte à rythme de base pour la réalisation de l’album. Pas le temps de s’en remettre vu que la présentation en grande pompe du premier single, Love Lockdown, sur la scène d’une cérémonie MTV achève de diviser ses fans en deux camps. On a en effet eu droit à un Kanye poussant la chansonnette sur un instru digne des standards de la pop, et le pire avec une voix auto-tuné (Je ne vais pas revenir sur ce procédé cher à T-Pain). Les commentaires négatifs suscités par ce titre le convaincront d’en réaliser une nouvelle version. Malheureusement, l’auto-tune est toujours de la partie, toute chose qui rebute les kiffeurs allergiques à ce procédé. Le summum est atteint lorsqu’on apprend qu’il sera utilisé pour tout l’album (enregistré en deux semaines). L’idéal pour se braquer. Et pour ne rien arranger Heartless , le deuxième single est loin d’être captivant, surtout quand on a encore dans les oreilles les trois premiers albums. Seul avantage, on sait déjà qu’il ne faut pas s’attendre à un album Hip-hop.
L’écoute de l’album vient malheureusement corroborer nos soupçons. Ye vire carrément pop sur ce projet. Très peu de rap (venant seulement des invités), un Pinocchio Story carrément inutile et un featuring de Lil-je-suis-partout-avec-ma-sale-gueule Wayne. Tout ce qu’il y a de plus street.
Passés ces a priori, on essaie tout de même de rentrer dans l’album en espérant qu’il sera aussi bien que le sublime The Love Below d’Andre 3000. Au final, il convient d’oublier un peu le projet du membre d’Outkast. Le niveau ne suit pas. Say You Will n’a vraiment rien d’exceptionnel au contraire de Welcome To Heartbreak (en featuring avec Kid Cudi) d’assez bonne facture. On se dit alors que l’album va monter en intensité mais non, déception. Zappons le déjà connu Heartless pour atterrir sur Amazing, titre terne presque sauvé(simplement parce qu’il nous a permit d’arrêter de nous faire chier) par la prestation de Young Jeezy. Paranoid (featuring Mr. Hudson) qui succède à Love Lockdown relève cependant le niveau général. Après un RoboCop sans éclat, l’écoute devient tout simplement pénible, à l’image du duel à l’auto-tune avec Weezy See You In My Nightmares (Beau caca sonore) et d’un Bad News tout simplement insupportable. On est même super content quand le disque se termine enfin (Il passe bien comme berceuse, ma petite cousine n’a pas tenu trois titres).
Que retenir donc objectivement, après moult écoutes? Déjà un sentiment globalement négatif. On s’attendait à un album très introspectif et personnel, on a droit à x lieux communs ressassés dans tous les albums chantés. On nous avait promis la grosse claque au niveau des instrus, raté aussi, même si c’est pas mal produit (un tantinet trop vintage, mais au vu de la boîte à rhythme, fallait pas rêver). Ça ne restera pas intemporel en tout cas. Le carton rouge revient aux performances de Ye derrière le micro. Si vous aimez les chants faux, les voix auto-tunés (n’est pas T-Pain qui veut) et les prestations sans aucune profondeur qui ne dégagent aucune émotion, libre à vous. Pour ma part, son chant est une fiente électro-pop robotique masturbatoire et sans génie. Tant qu’a chanter, autant savoir le faire (Ye tu ne sera jamais Roger Troutman). Là la voix de Kanye ruine les instrus et est vite irritante.
De la mauvaise pop léthargique en conclusion. Ce disque vaut surtout pour la prise de risques (en même temps, faire des chansons à l’auto-tune, a.k.a gadget prisé du moment, inviter Weezy et Jeezy c’est tout sauf prendre des risques). Pour le reste, c’est un agrégat de formules toutes faites que les inconditionnels prendront pour des éclairs de génie. Gageons que ni le futur du hip-hop, ni ceux du R&B et de la Soul ne ressembleront à ça, sinon on est partis pour des siècles d’ennui mortel.
11/20
Tracklist:
1. Say You Will
2. Welcome To Heartbreak (feat. Kid Cudi)
3. Heartless
4. Amazing (feat. Young Jeezy)
5. Love Lockdown
6. Paranoid (feat. Mr. Hudson)
7. RoboCop
8. Street Lights
9. Bad News
10. See You In My Nightmares (feat. Lil Wayne)
11. Coldest Winter
12. Pinocchio Story (freestyle live from Singapore)
Join the Forum discussion on this post
Partagez ce contenu :

1 commentaire