Quand les clubs italiens régnaient sur l’Europe (1989-1993)
Moins en verve depuis les années 2000, les clubs italiens souffrent d’une crise de résultats depuis le début du siècle (trois trophées européens remportés sur quarante et aucun titre depuis 2010). Un marasme sportif dû au déclin de ses équipes-phares et à une concurrence plus ardue que jamais sur la scène européenne. La donne était par contre totalement différente à la fin du siècle précédent. A cette époque, le football transalpin était plus dominateur que jamais et il arrivait même que deux clubs italiens s’affrontent en finale de coupe d’Europe. De 1989 à 1999, au moins un club italien disputait une finale de coupe d’Europe. Petit tour d’horizon.
AC Milan (C1 1989)
Pour leur grand retour en Coupe des clubs champions, les Rossoneri menés par leur triplette néerlandaise (Marco Van Basten – Ruud Gullit – Frank Rijkaard) peuvent également compter sur l’une des meilleures défenses du monde (Mauro Tassotti – Franco Baresi – Alessandro Costacurta – Paolo Maldini) et des éléments de valeur comme Carlo Ancelotti et Roberto Donadoni. Favoris déclarés, ils triomphent sans peine du Levski Sofia (Bulgarie) en seizièmes (2-0 ; 5-2). La confrontation contre l’Etoile Rouge de Belgrade (Yougoslavie) en huitièmes est plus délicate (1-1 ; 1-1) et la décision se fera aux tirs au but (4-2 pour les milanais). Le Werder Brême se montre tout aussi coriace en quarts (0-0 ; 1-0). En demi-finales, les hommes d’Arrigo Sacchi croisent le fer avec le Real Madrid de Butragueño et Hugo Sanchez. Après un premier acte serré (1-1), les milanais atomisent les Merengues au match retour (5-0) et valident leur billet pour la finale. Opposés au Steaua Bucarest, les milanais s’imposent facilement grâce à des doublés de Van Basten et Gullit (4-0), remportant leur première C1 depuis vingt ans.
Sampdoria (C2 1989)
Malgré un effectif moins fringuant que ses homologues transalpins, le club génois parvient tout de même à faire bonne figure sur la scène européenne grâce notamment à son duo d’attaque Gianluca Vialli – Roberto Mancini et son gardien Gianluca Pagliuca. Les deux premiers tours contre les suédois de l’IFK Norrköping (1-2 ; 2-0) et les est-allemands du Carl Zeiss Iena (1-1 ; 3-1) sont parfaitement négociés. La double confrontation contre le Dinamo Bucarest (Roumanie) en quarts est plus délicate (1-1 ; 0-0). La Sampdoria ne se qualifie d’ailleurs que grâce au but inscrit à l’extérieur. En demi-finales, ils parviennent à éliminer le tenant du titre, le FC Malines. Battus par les belges à l’aller (1-2), ils font la différence au retour (3-0) et se qualifient pour la finale. Face au FC Barcelone, les italiens ne partent pas favoris et s’inclinent. Les Blaugranas de Gary Lineker et Julio Salinas s’imposent logiquement (2-0).
Napoli (C3 1989)
Portée par le génie de Diego Maradona et de bons lieutenants (Andrea Carnevale, Careca, Ciro Ferrara…), la formation napolitaine se débarrasse des hongrois du FC Tatabanya (2-0 ; 1-2) au premier tour. Ils font également la différence en seizièmes de finale face aux yougoslaves du Dinamo Zagreb (3-1 ; 1-1). Le FC Groningen (Pays- Bas) ne fait pas non plus le poids en huitièmes (3-1 ; 2-0). Ce n’est qu’en quarts que les choses se corsent lors d’une double confrontation électrique contre les espagnols de la Real Sociedad. Vainqueurs 1-0 à l’aller, les napolitains se font surprendre au retour (0-1) et doivent passer par les tirs au but pour se qualifier. La confrontation contre le Dynamo Dresde (RDA) en demi-finales est heureusement plus simple à négocier (1-0 ; 1-1). En finale, Napoli affronte le VFB Stuttgart (RFA). Vainqueurs à l’aller 2-1 (à l’époque, la finale de la Coupe de l’UEFA se jouait en deux matchs), les napolitains vont se faire peur mais réussiront à obtenir le nul au retour (3-3). Ils remportent ainsi leur unique titre européen.
Milan AC (C1 1990)
Tenant du titre, le club milanais fait figure d’épouvantail au moment où démarre la campagne 1989-1990. Le HJK Helsinki (Finlande) ne fait pas illusion en seizièmes (4-0 ; 1-0). En huitièmes, c’est le Real Madrid, un autre favori qui se dresse sur la route des hommes de Sacchi. Ils sortiront vainqueurs de ce qui ressemblait à une finale avant la lettre (2-0 ; 0-1). Les belges du FC Malines se montreront tout aussi coriaces en quarts et il faudra avoir recours aux prolongations pour s’en défaire (0-0 ; 2-0 après prolongations). Les demi-finales face au Bayern Munich seront des plus serrées. Vainqueurs à domicile 1-0 à l’aller, les Rossoneri se font rejoindre au score et se retrouvent à disputer des prolongations. Malgré la défaite (1-2), les milanais se qualifient pour la finale au bénéfice du but à l’extérieur. Opposé au Benfica Lisbonne, l’AC Milan s’impose 1-0 et remporte son deuxième titre consécutif.
Sampdoria (C2 1990)
Pour sa deuxième participation consécutive à cette compétition, la Samp, renforcée par l’arrivée d’Attilio Lombardo, démarre la campagne pied au plancher en se débarrassant des norvégiens du SK Brann (2-0 ; 1-0) puis du Borussia Dortmund (1-1 ; 2-0) lors des deux premiers tours. En quarts, les hommes de Boskov se défont sans trembler des suisses du Grasshopper Zurich (2-0; 2-1). L’AS Monaco ne parviendra pas non plus à les arrêter en demi-finales (2-2 ; 2-0). La Sampdoria affronte le RSC Anderlecht en finale. Les Mauves offrent une belle résistance et parviennent à garder leur cage inviolée durant le temps réglementaire. Malheureusement pour l’équipe belge, elle craquera pendant les prolongations. La Samp inscrit deux buts et s’impose (2-0), remportant la première coupe d’Europe de son histoire.
Juventus Turin (C3 1990)
Au moment d’aborder cette campagne de coupe de l’UEFA, la Juve reste sur une série de saisons frustrantes où elle ne parvient plus à remporter le titre. Cette coupe d’Europe fera donc office de bouffée d’air frais pour la troupe de Dino Zoff, l’entraîneur d’alors. Ce dernier peut compter sur Pierluigi Casiraghi et Salvatore Schillaci pour mener son attaque. Les Juventini se montrent expéditifs face aux polonais du Gornik Zabrze au premier tour (1-0 ; 4-2). En seizièmes, ils éliminent le Paris Saint-Germain sans trembler (1-0 ; 2-1). Les est-allemands du Karl -Marx-Stadt (actuel Chemnitzer FC) ne font pas non plus illusion au tour suivant (2-1 ; 1-0). Les quarts et les demis verront les Bianconeri croiser le fer avec deux clubs ouest-allemands. Le Hambourg SV vend chèrement sa peau mais s’incline (2-0 ; 1-2). Le FC Cologne se montre tout aussi pugnace mais se fait aussi sortir (3-2 ; 0-0). Se profile alors une finale 100% italienne où la Vecchia Signora doit affronter la Fiorentina. Les Bianconeri sortent vainqueurs de cette double confrontation fratricide (3-1 ; 0-0) et remportent leur seconde coupe de l’UEFA.
Fiorentina (C3 1990)
Menée par son stratège Roberto Baggio, la Fiorentina s’appuie également sur des éléments tels que Dunga ou le tchécoslovaque Lubos Kubik en plus d’une assise défensive dans la pure tradition italienne. Difficile à manœuvrer à défaut d’être géniale, la Viola est souvent confrontée à des tirages difficiles durant cette campagne 1989-1990. Opposée à l’Atlético Madrid dès les trente-deuxièmes de finale (0-1 ; 1-0), la Fiorentina doit aller aux penaltys pour se qualifier. C’est le but inscrit à l’extérieur qui lui permettra de se défaire du FC Sochaux au tour suivant (0-0 ; 1-1). La qualification sera tout aussi laborieuse contre les soviétiques du Dynamo Kiev (1-0 ; 0-0). En quarts, la Viola élimine difficilement l’AJ Auxerre (1-0 ; 1-0). Les demi-finales contre le Werder Brême se décideront aussi grâce au but à l’extérieur (1-1 ; 0-0). En finale, la Fiorentina se retrouve face à une autre formation italienne, la Juventus Turin. Cette fois il n’y aura pas de miracle et la Viola s’incline (1-3 ; 0-0).
Inter Milan (C3 1991)
Portée par son trio de champions du monde allemands (Andreas Brehme, Lothar Matthäus et Jürgen Klinsmann) et quelques stars italiennes (Giuseppe Bergomi, Nicola Berti, Aldo Serena et le gardien Walter Zenga), l’Inter fait figure de favori à l’entame de la compétition. L’entrée en lice contre le Rapid Vienne est pourtant compliquée et les Nerazzurri doivent aller au bout de la prolongation pour valider leur qualification (1-2 ; 3-1). Le second tour contre Aston Villa ne sera pas non plus une partie de plaisir (0-2 ; 3-0). La tâche est par contre plus simple contre le Partizan Belgrade (Yougoslavie) en huitièmes (3-0 ; 1-1). Les deux confrontations en quarts et en demi-finales seront des copiés-collés au niveau du score (0-0 ; 2-0). Suffisant pour se débarrasser de l’Atalanta Bergame dans un derby 100% italien puis du Sporting CP. En finale, l’Inter affronte l’AS Roma, autre club italien. Les Nerazzuri font la différence à domicile au match aller (2-0). Malgré leur défaite au retour (0-1), ils remportent la première coupe de l’UEFA de leur histoire et leur premier trophée européen depuis l’ère du Grande Inter d’Helenio Herrera.
AS Roma (C3 1991)
A l’image de nombreux clubs italiens à l’époque, l’AS Roma compte dans ses rangs quelques stars susceptibles de mener le club vers les sommets: les champions du monde allemands Rudi Völler et Thomas Berthold, le brésilien Aldair ou l’italien Ruggiero Rizzitelli. Cette équipe aussi solide que diabolique devant le but survolera littéralement la compétition. Le premier tour contre le Benfica Lisbonne est accroché mais bien négocié (1-0 ; 1-0). Valence CF tombera aussi les armes à la main en seizièmes (1-1 ; 2-1). Les Giallorossi surclasseront ensuite les Girondins de Bordeaux (5-0 ; 2-0) puis le RSC Anderlecht (3-0 ; 3-2). Seuls les danois de Brondby IF offriront une belle résistance en demi-finales (0-0 ; 2-1). Pour la deuxième finale 100% italienne en deux ans, la Roma croise le fer avec l’Inter Milan. Cette fois il n’y aura pas de miracle. Battus à l’aller (0-2), les Giallorossi ne peuvent faire mieux qu’une victoire 1-0 au retour et échouent aux portes du paradis.
Sampdoria (C1 1992)
Champion d’Italie en titre, le club génois dispute la C1 pour la première fois de son histoire. Fort d’un effectif de qualité (Pagliuca, Mancini, Vialli, Toninho Cerezo, Lombardo, Pietro Vierchowod…), la Samp ne fait pas de détail lors des deux premiers tours, éliminant sans peine les norvégiens du Rosenborg BK (5-0 ; 2-1) puis les hongrois du Honved Budapest (1-2 ; 3-1). Confrontés à l’Etoile Rouge Belgrade (Yougoslavie), le RSC Anderlecht (Belgique) et le Panathinaikos (Grèce) en phase de poules, les génois finissent en tête de leur groupe et se qualifient pour la finale. Opposés au FC Barcelone dans le remake de la finale de coupe des coupes 1989, ils s’inclinent en prolongations sur un coup-franc de Ronald Koeman (0-1). La Samp qui avait mis tous ses espoirs sur cette finale ne disputa pas de coupe d’Europe lors de la saison suivante.
Torino (C3 1992)
Contrairement à sa voisine la Juventus, le deuxième club turinois n’avait jamais brillé en coupe d’Europe. Personne n’aurait donc imaginé qu’il puisse bien figurer dans cette édition très relevée de la coupe de l’UEFA. Et pourtant avec dans ses rangs l’espagnol Rafael Martin Vazquez, le belge Enzo Scifo, le buteur brésilien Walter Casagrande, Gianluca Lentini, Roberto Mussi ainsi que les jeunes Sandro Cois et Christian Vieri, l’équipe dirigée par Emiliano Mondonico a quelques atouts à faire valoir. Bien aidée par des tirages au sort souvent favorables, elle se débarrasse sans peine des islandais du KR Reykjavík (2-0 ; 6-1) au premier tour. Les portugais de Boavista (2-0 ; 0-0) et les grecs de l’AEK Athènes (2-2 ; 1-0) sont écartés lors des tours suivants. Les danois du B 1903 ne peuvent rien non plus en quarts (2-0 ; 1-0). En demi-finales, les Granatas tombent sur un os: le Real Madrid. Donné largement perdant, le Torino réussit l’exploit lors de la double confrontation (1-2 ; 2-0) et se qualifie pour la finale à la surprise générale. Opposés à l’Ajax Amsterdam de Dennis Bergkamp, ils réussissent à les tenir en échec à l’aller (2-2). Malheureusement, ils ne parviendront pas à trouver le chemin des filets au retour et concéderont un nul frustrant (0-0). L’Ajax est couronné au bénéfice des buts inscrits à l’extérieur. Cruelle issue pour le club turinois qui n’a clairement pas démérité.
AC Milan (C1 1993)
Après une année d’éclipse, les Rossoneri retrouvent la coupe des clubs champions rebaptisée Champions League. Disposant d’un effectif plus qu’impressionnant sur le papier et renforcés par l’arrivée de Jean-Pierre Papin, le titre semblait promis aux milanais. Les deux premiers tours ne sont qu’une formalité. Ni les slovènes de l’Olimpija Ljubljana (4-0 ; 3-0), ni les tchécoslovaques du Slovan Bratislava (1-0 ; 4-0) ne peuvent rivaliser avec la dream team milanaise. La phase de groupe sera tout aussi impressionnante. Opposé à l’IFK Göteborg (Suède), au PSV Eindhoven (Pays-Bas) et au FC Porto (Portugal), l’AC Milan réalise le carton plein et remporte la totalité de ses matchs. C’est donc invaincus que les Rossoneri se présenteront en finale contre l’Olympique de Marseille. Éliminés de la C1 deux années auparavant par les phocéens, les milanais ne parviennent pas à prendre le meilleur sur les hommes de Goethals. Ils s’inclinent 0-1. Le coach Fabio Capello devra encore attendre pour soulever son premier trophée européen.
Parme (C2 1993)
Vainqueur de la Coupe d’Italie la saison précédente, Parme effectue ses grands débuts en C2 et n’est clairement pas considéré comme un foudre de guerre. Menés par Tomas Brolin, Faustino Asprilla, Luigi Appoloni et Antonio Benarrivo notamment, les Gialloblus débutent timidement en écartant les hongrois de l’Ujpest FC (1-0 ; 1-1). Le tour suivant contre les portugais de Boavista sera tout aussi serré (0-0 ; 2-0). Solides à défaut d’être géniaux, les hommes de Nevio Scala viennent à bout du Sparta Prague (République Tchèque) en quarts (0-0 ; 2-0) avant de prendre le meilleur sur l’Atletico Madrid en demi-finales (2-1 ; 0-1), se qualifiant grâce aux deux buts inscrits à l’extérieur. Opposés aux belges du Royal Antwerp en finale, Parme assume son statut de favori et remporte son premier trophée européen en s’imposant 3-1.
Juventus Turin (C3 1993)
Pour son retour en coupe de l’UEFA, la Juve semble intouchable avec son effectif XXL (Roberto Baggio, Gianluca Vialli, Antonio Conte, Dino Baggio, Jürgen Kohler, Andreas Möller, Angelo Peruzzi, Fabrizio Ravanelli…). Les hommes de Giovanni Trapattoni désossent les chypriotes de l’Anorthosis Famagouste d’entrée (6-1 ; 4-0). Le Panathinaikos opposera par contre une belle résistance en seizièmes sans pour autant s’imposer (1-0 ; 0-0). Les Bianconeri ne font ensuite qu’une bouchée des tchèques du Sigma Olomouc (2-1 ; 5-0) en huitièmes avant de se défaire du Benfica Lisbonne en quarts (1-2 ; 3-0). En demi-finales, le Paris Saint-Germain de George Weah aura droit à sa leçon de réalisme (2-1 ; 1-0). La Vecchia Signora croise le fer avec le Borussia Dortmund en finale. Si sur papier l’affiche s’annonce alléchante, le suspense sera tué dès le match aller remporté 3-1 par la Juve à l’extérieur. Le retour sera une formalité (victoire 3-0). Roberto Baggio remporte ainsi son seul titre européen.
Partagez ce contenu :



Publier un commentaire