Birdman-Pricele$$ 8/20
Sortie: 23 Novembre 2009
Label: Cash Money
Producteurs: Timbaland, Drumma Boy,Boi-1 da, Jim Jonsin, T-Pain, I.N.F.O., Howard « X-Fyle » Metoyer, Drew Correa, Kevin Rudolf, ArrowStar, Infamous, Laurent « Slick » Cohen, Mr Beatz, Lil’ C, T-Minus
Qu’on le reconnaisse où non, le label sudiste Cash Money a indubitablement marqué l’histoire du hip-hop. Je n’évoque pas ici les pochettes vomitives signées Pen & Pixel, ni les lyrics pathétiques que Lil Wayne nous sert depuis quelques années maintenant, mais plutôt de son influence dans le game. Cash Money restera à jamais une des places fortes du rap sudiste au même titre que No Limit et Rap-A-Lot. A ce titre chacune de ses sorties suscite le minimum d’intérêt qu’on fasse partie des fans ou des haters. Hasard du calendrier ou stratégie soigneusement étudiée, l’essentiel des anciennes têtes d’affiche du mythique label investissent les bacs en cette fin d’année 2009. Après les retours de Juvenile et B.G. et l’omniprésence de Weezy dans les charts, le grand patron, Birdman vient boucler la boucle en sortant son quatrième album solo en attendant la sortie hypothétique de The Rebirth de son « fils » Lil Wayne.
Bien sur on ne se fait pas d’illusion sur le contenu de cet album qui comme à l’accoutumée devrait avoir se résumer à un étalage de titres accessibles pas trop mal produits et probablement tous écrits par Lil Wayne (on ne peut décemment juger que c’est une garantie au vu de la médiocrité dans laquelle il s’est vautré depuis le succès de Tha Carter III.). La pochette parle d’ailleurs d’elle-même. L’homme oiseau est avant tout un entertainer alors que peut-il avoir d’intéressant à raconter, de quoi peut-il bien pouvoir nous parler dans son album? D’argent pardi (essayez au moins de feindre la surprise), un peu aussi de clubs, de filles et de blings. Autant vous dire qu’on se retrouve plongés dans un délire consumériste des plus écœurants, où l’interprète nous parle sans arrêt de sa fortune, de son statut de boss, de ses acquis et blablabla. Et oui s’il est l’homme-oiseau c’est aussi parce qu’il a leur cervelle, et il fait tout son possible pour nous le prouver tout au long de ce projet qui vous le devinerez brille par son insipidité. Comme souvent avec lui l’album est plutôt bien produit mais le souci est qu’il n’est rien d’autre qu’une déclinaison low-coast du restant de sa discographie (si tant est qu’on peu l’appeler ainsi). Baby ne parle que de ce qui l’intéresse comme toujours mais le souci est qu’il le fait de moins en moins bien. Et sur ce projet le manque d’originalité a atteint des sommets pour ce qui n’est au final rien d’autre qu’une reformulation des disques précédents (je parle des propos) sur des instrumentaux actualisés. Et qui dit « air du temps » évoque forcement le gadget à la mode du moment, l’autotune. Ça plus la présence envahissante de Lil Wayne (présent sur sept titres sur douze) donne une idée du contenu de ce disque qui est, disons le, sans aucun intérêt pour les anti-weezy. Pis la prise de risques est minimale et l’album est serti de succédanés éculés des recettes de Mr Carter ainsi que de formules commerciales malvenues et insipides. Pour commencer Weezy joue à merveille son rôle de pseudo-rockeur exaspérant à la perfection sur l’essentiel de ses apparitions. Non content d’hanter les pistes avec sa voix autotunée éraillée évoquant d’avantage une craie sur un tableau qu’autre chose, il entraine son boss dans ses lubies (rappelons que Weezy est à l’exécutif pour cet album) et signe des quasi-remixes de ses propres titres, au point qu’on en fini par se demander s’il ne s’agit pas d’un album de Mr Carter. Son ombre plane d’ailleurs sur tout ce disque. Entre le léger Money Machine qui sample un couplet de Weezy venant tout droit de Stuntin’ Like My Daddy, le peu convaincant titre éponyme (produit par un Timbaland de plus en plus à la ramasse) et le lymphatique et insupportable Bring It Back le ton est donné. Les choses n’iront malheureusement pas en s’améliorant. Nightclub (contenu à l’image de son intitulé) est sympa mais sans plus et l’immonde Shinin (espèce de Got Money raté) ne vaut même pas pour la prestation irritante de T-Pain qui trouve tout de même le moyen de faire mieux que Birdman médiocre au possible (comme sur presque tout l’album d’ailleurs). Passons également le catastrophique I Want It All juste digne d’un papier-chiottes usagé et qui ravira juste les pouffes écervelées. Même sentence pour ce remix inintéressant d’Always Strapped en fin d’album.
Quelques titres relèvent cependant le niveau sans pour autant être transcendants. Hustle est l’une des rares onces de métal précieux de cette bouse de yak diarrhéique. Un refrain autotuné de Weezy (c’est limite un pléonasme de le dire à présent), une apparition de Gudda Gudda suffisent à donner un peu de relief à ce titre heureusement desservi par une production emballante signée Drew Correa. Pour le reste il faut s’en remettre à Drake qui cède son titre Money To Blow (oui il s’agissait originellement de son morceau) pour l’occasion et signe le braquos avec ce banger usiné par Drumma Boy et sur lequel Wayne sévit une fois de plus. On prend les mêmes et on recommence avec un 4 My Town (Play Ball) produit par Boi-1 da tout de même un peu moins réussi. On a également droit à un ersatz de A Milli avec Mo Milly sur lequel Bun B se substitue à Lil Wayne et accompagne de fort belle manière Drake et Brian-sale-gueule-Williams toujours produit par Boi-1 da. Si la qualité première de ce titre n’est pas son originalité, il s’avère tout de même plus séduisant que A Milli. Birdman peut remercier le newcomer canadien pour avoir sauvé son album du naufrage complet. Ces quelques éclairs ne peuvent cependant pas nous faire oublier le manque de consistance de l’ensemble qui s’avère être le plus mauvais album de Birdman à ce jour. Ce disque racoleur au manque d’inspiration abyssale et à la durée de vie aussi éphémère que les promesses électorales de l’UMP ne marquera pas plus que ça. Mais qu’importe à Mr Williams. Du moment que l’argent continue à entrer et qu’il peut continuer à faire joujou avec ses bolides et ses blings il est content. Et ses fans aussi en dépit de ce qu’on pourrait penser, bien qu’on soit passés du médiocre à l’insipide. Pour les autres il est vivement recommandé de vous procurer la version instrumentale si vous ne supportez pas la pollution vocale made in NO.
8/20
Tracklist:
| # | Title | Producer(s) | Length |
|---|---|---|---|
| 1. | « Intro » | T-Minus | 1:48 |
| 2. | « Been About Money » | I.N.F.O. | 4:12 |
| 3. | « Money to Blow » (feat. Drake & Lil Wayne) | Drumma Boy | 4:19 |
| 4. | « Money Machine » | Howard « X-Fyle » Metoyer | 3:21 |
| 5. | « Pricele$$ » (feat. Lil Wayne) | Jim Jonsin | 5:33 |
| 6. | « Bring It Back » (feat. Lil Wayne) | Infamous & Laurent « Slick » Cohen | 4:22 |
| 7. | « Nightclub » | Howard « X-Fyle » Metoyer | 4:36 |
| 8. | « 4 My Town (Play Ball) » (feat. Drake & Lil Wayne) | Boi-1da | 4:21 |
| 9. | « Hustle » (feat. Lil Wayne & Gudda Gudda) | Drew Correa | 4:23 |
| 10. | « Shinin' » (feat. T-Pain) | T-Pain | 3:31 |
| 11. | « Mo Milly » (feat. Drake & Bun B) | Boi-1da | 4:12 |
| 12. | « I Want It All » (feat. Kevin Rudolf & Lil Wayne) | Kevin Rudolf & ArrowStar | 3:16 |
| 13. | « Always Strapped » (Remix) (feat. Lil Wayne & Mack Maine) | Mr. Beatz & Lil’ C | 4:30 |
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