Jay-Z – Vol.3…Life And Times Of S. Carter
Sortie: 28 Décembre 1999
Label: Roc-A-Fella/ Island Def Jam
Producteurs: DJ Premier, Rockwilder, Timbaland, DJ Clue, Swizz Beatz, Irv Gotti, K-Rob, Digga, Ken « Duro » Ifill, Russ, SAF, Chauncey Mahan, Lil’ Rob
Après deux albums diversement accueillis par le public, Hova boucle la boucle avec ce disque qui vient conclure sa trilogie. On peut sans peine arguer que le meilleur a été gardé pour la fin, vu qu’il s’agit de son disque le plus abouti en dépit d’un impact commercial moins important que son prédécesseur. Life And Times s’avère d’ailleurs être un de ses disques les plus méconnus. En dehors de ses singles peu de gens en gardent un grand souvenir. La faute peut-être à une musicalité peu évidente à appréhender. Les instrumentaux sortent en effet clairement de l’ordinaire et ont une touche futuriste qui a au moins le mérite de ne ressembler à aucune autre sortie du moment. Considéré comme une tare lors de sa sortie, cet état de fait va au contraire contribuer à le rendre meilleur, lui conférant une durée de vie largement supérieure aux deux autres volets de la trilogie.
Vous l’aurez donc compris, Jay-Z livre ainsi son album le plus avant-gardiste. Il ne suit pas la tendance, mais la précède de plusieurs années et signe là son disque le plus novateur, à défaut d’être son meilleur. L’architecture sonore est essentiellement l’oeuvre de Timbaland, jusqu’alors plus connu pour ses prods pour Missy Elliott et divers artistes de la scène R&B. Le Virginien s’en donne à cœur joie et livre des titres impressionnants d’esthétisme à l’image du single Big Pimpin’ (Featuring UGK) qui associe des sonorités aussi diverses qu’improbables (flûte de pan, bounce sudiste, sons électroniques). Il n’en reste cependant pas là et délivre un lent et excellent It’s Hot (Some Like It Hot) où l’on croit reconnaître une pique à 50 Cent (alors en cours d’enregistrement de son Power Of The Dollar), un Snoopy Track bouncy et synthétique sur lequel s’invite le Hot Boy Juvenile et un tribal It’s That Yo Bitch dans le pur style des sons qu’il avait l’habitude d’usiner pour Missy Elliott (qui assure d’ailleurs le refrain), occasion pour Jigga de se lancer dans un fast flow effréné avec le maître du genre: Twista (Ce titre sera malheureusement retiré de la version US de l’album suite au leak de l’album et remplacé par There’s Been A Murder, un morceau peu convaincant qui apparaît presque comme incongru au sein de cet album). Mais c’est sur Come & Get Me la dernière production de Timbaland que l’expérimentation atteint des sommets. Un son asymétrique plutôt accrocheur au début avec ensuite une variation digne d’un film de science-fiction avant de revenir à un instrumental plus régulier, le tout excellemment rappé (comme tout au long de cet album d’ailleurs) par Hova.
Les autres producteurs conviés délivrent eux aussi des sons tout aussi étranges pour les oreilles non-averties. DJ Premier reste égal à lui même sur l’excellent So Ghetto, mais les livraisons de Rockwilder (l’expérimental Do It Again [Put Ya Hands Up] et le punchy NYMP aux influences rock) et Swizz Beatz ( le presque trop conventionnel Things That U Do en duo avec Mariah Carey et les deux hidden tracks Jigga My Nigga [Déjà présent sur la compilation Ruff Ryders Vol. 1] et Girl’s Best Friend [déjà entendu lui aussi]) ont plutôt tendance à dérouter. Heureusement que les autres morceaux sont un peu plus consensuels. DJ Clue s’arrache pour donner un Pop 4 Roc sur lequel apparaît la famille Roc au grand complet et les peu connus Russ & SAF nous gratifient d’un S.Carter . On a même droit à un succédané de Hard Knock Life en fin de disque avec Anything qui reprend la même recette gagnante mais avec moins de brio (Titre uniquement disponible sur les versions internationales). La bonne surprise vient du dre-esque Watch Me produit par Irv Gotti sur lequel le bon docteur assure le refrain (Ce titre n’existe que sur la version US, il est remplacé par une Hova Interlude sur les versions internationales). Mention spéciale également à la bastos Dope Man qui figure parmi les hauts faits du disque.
Assurément l’un des meilleurs disques de Jay-Z. Il convient cependant de ne pas se laisser abuser par la couleur instrumentale peu commune pour pleinement l’apprécier. Il conclut en tout cas magistralement la trilogie et prouve que Hova est capable de bien plus que d’offrir une simple mise en équation de ses talents. Les lyrics ne sont peut-être pas les plus pointus mais ils sont utilisés à bon escient. Un album à découvrir.
18/20
Tracklist
| # | Title | Length | Producer(s) |
|---|---|---|---|
| 1 | « Hova Song (Intro) » | 2:21 | K-Rob |
| 2 | « So Ghetto » | 4:01 | DJ Premier |
| 3 | « Do It Again (Put Ya Hands Up) » (feat. Beanie Sigel & Amil) |
4:39 | Rockwilder |
| 4 | « Dope Man » | 4:03 | DJ Clue, Darrell ‘Digga’ Branch, Ken « Duro » Ifill, Lance ‘UN’ Rivera (co-producer) |
| 5 | « Things That U Do » (feat. Mariah Carey) |
4:52 | Swizz Beatz |
| 6 | « It’s Hot (Some Like It Hot) » | 4:16 | Timbaland |
| 7 | « Snoopy Track » (feat. Juvenile) |
4:01 | Timbaland |
| 8 | « S. Carter » (feat. Amil) |
4:14 | Russell « Russ » Howard, Sean « SAF » Francis, Chauncey Mahan (co-producer) |
| 9 | « Pop 4 Roc » (feat. Beanie Sigel, Memphis Bleek, & Amil) |
4:36 | DJ Clue, Ken « Duro » Ifill |
| 10 | « Watch Me » (feat. Dr. Dre) |
4:34 | Irv Gotti & Lil’ Rob |
| 11 | « Big Pimpin’ » (feat. UGK) |
4:45 | Timbaland |
| 12 | « There’s Been a Murder » | 3:40 | Russell « Russ » Howard, Sean « SAF » Francis, Chauncey Mahan (co-producer) |
| 13 | « Come and Get Me » | 6:09 | Timbaland |
| 14 | « NYMP » | 4:03 | Rockwilder |
| 15 | « Hova Song (Outro) » | 1:26 | K-Rob |
| * | « Jigga My Nigga« | 5:23 | Swizz Beatz |
| * | « Girl’s Best Friend« | 3:59 | Swizz Beatz |
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