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Jay-Z – Vol.2…Hard Knock Life

Sortie: 29 Septembre 1998
Label: Roc-a-Fella/ Def Jam
Producteurs: DJ Premier, Swizz Beatz, Timbaland, Stevie J, The 45 King, Erick Sermon, Irv Gotti, Jermaine Dupri, Kid Capri, Damon Dash, J-Runnah, Lil’ Rob, Darold Trotter, Mahogany

Auteur d’un classique intemporel dès son premier album, Jigga a depuis entrepris de se lancer dans une trilogie. Le premier volet In My Lifetime s’est malheureusement avéré peu convaincant à cause de sa trop grande orientation cross-over. L’annonce de la sortie du deuxième volet prête donc au scepticisme. Aura t’on droit à un retour aux sources avec un album aussi merveilleux que Reasonable Doubt ou continuera t’il son virage Jiggy amorcé dans le premier volet de la trilogie? Ce sont ces interrogations qui planent quand sort enfin Vol. 2…Hard Knock Life .

Autant le dire tout de suite. Ceux qui espéraient un nouveau Reasonable Doubt furent déçus. Jay semble vouloir tourner la page une bonne fois pour toutes et s’ouvrir à de nouvelles sonorités. Résultat des producteurs du premier opus, seul Irv Gotti est rappelé. Ski et Clark Kent sont allègrement écartés du projet. Quand à DJ Premier il ne signe que l’intro sur laquelle le petit protégé de Jay, Memphis Bleek, est le seul à poser. Un comble! Mais qu’importe, Hova s’ouvre enfin les portes du succès commercial avec le tube Hard Knock Life magistralement produit par The 45 King (qui signera un deuxième braquage plus tard avec le Stan d’Eminem). Ce sample de la comédie musicale Annie séduit direct avec son refrain chanté par des voix d’enfants et assure presque à lui tout seul la popularité de cet album. Un autre tube Can I Get A… combinaison avec Ja Rule (alors inconnu du grand public) et sa protégée Amil fait l’unanimité dans les clubs et le propulse direct dans le peloton de tête des gros vendeurs. Il peut également compter sur la bonus track Money ain’t A Thing, duo Jiggy avec Jermaine Dupri, pour séduire le grand public.

Cet opus marque également les débuts de ses collaborations avec deux monstres sacrés de la production: Swizz Beatz et Timbaland. Le producteur attitré des Ruff Ryders lui livre trois sons hauts en couleur: l’entraînant If I Should Die, une suite au Coming Of Age du premier album mais surtout la bastos Money, Cash, Hoes à la boucle entêtante rehaussé par un couplet et des ad libs de DMX (alors en pleine gloire lui aussi), une des tueries du disque.  Timbo n’est pas en reste lui non plus se fendant d’un Nigga What, Nigga Who terriblement hypnotique sur lequel Hova et son mentor Big Jaz (rebaptisé depuis Jaz-O) accélèrent leur débit (un exercice  de style plus que réussi d’ailleurs) ainsi que de Paper Chase, nouvelle collaboration probante avec Foxy Brown. Les autres producteurs ont plus de mal à se mettre en lumière. En tant que seul rescapé des Bad Boy Hitmen conviés sur l’album précédent, Stevie J s’en tire plutôt bien avec un Ride Or Die très convaincant (notons au passage qu’aucun sample ne fut utilisé pour ce morceau, chose plus que rare pour un Hitmen), mais c’est bien plus difficile pour Kid Capri et J-Runnah qui semblent en retrait (il faut dire aussi que Jay-Z est moyen sur leurs titres). Erick Sermon lui se contente d’utiliser la plus-que-grillée boucle de Theme From Shaft d’Isaac Hayes pour le Posse Cut Reservoir Dogs (avec The Lox, Sauce Money et le new comer d’alors Beanie Sigel), un titre heureusement aussi sanglant que son référant. Dans ces circonstances, It’s Alright apparaît presque terne.

Cet album connaîtra un énorme succès commercial (plus de cinq millions de copies écoulées rien qu’aux Etats-Unis) et lui vaudra la reconnaissance de l’industrie musicale vu qu’il recevra un Grammy (le premier de sa carrière). Malheureusement il achèvera de diviser ses fans. Les critiques seront plus que contrastées. Si certaines rédactions comme celle de The Source se sont voulues plutôt indulgentes (il obtiendra la note de 4.5 mics quand même), beaucoup ont critiqué son côté trop « commercial ». Si Jay-Z reste toujours aussi efficace au micro (une constante avec lui), et fait preuve d’une capacité à faire des hits aussi bien dancefloor que street, son virage mainstream n’a pas été du goût de tous. C’est cependant avec ce disque qu’il accédera au statut de star incontestée et de locomotive du rap US.

16/20

Tracklist

  1. Intro – Hand It Down (feat. Memphis Bleek & Pain in da Ass) (Prod DJ Premier)
  2. Hard Knock Life (Ghetto Anthem) (Prod The 45 King)
  3. If I Should Die (feat. Da Ranjahz) (Prod Swizz Beatz)
  4. Ride or Die (Prod Stevie J Jordan)
  5. Nigga What, Nigga Who (Originator 99) (feat. Amil & Big Jaz) (Prod Timbaland)
  6. Money, Cash, Hoes (feat. DMX) (Prod Swizz Beatz)
  7. A Week Ago (feat. Too $hort) (Prod J-Runnah)
  8. Coming of Age (Da Sequel) (feat. Memphis Bleek) (Prod Swizz Beatz)
  9. Can I Get A… (feat. Amil & Ja Rule) (Prod Irv Gotti & Lil’ Rob)
  10. Paper Chase (feat. Foxy Brown) (Prod Timbaland)
  11. Reservoir Dogs (feat. The LOX, Sauce Money & Beanie Sigel) (Prod Erick Sermon; Co-prod Darold Trotter)
  12. It’s Like That (feat. Kid Capri & Liz Leite) (Prod Kid Capri)
  13. It’s Alright (feat. Memphis Bleek) (Prod Damon Dash & Mahogany)
  14. Money Ain’t a Thang (feat. Jermaine Dupri) (Prod Jermaine Dupri)

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