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Du film érotique au cinéma, les reconversions réussies

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Le cinéma pornographique c’est un peu la brebis galeuse du septième art. Globalement considéré comme un instrument de perversion, parfois comme un genre à proscrire ne méritant même pas d’être assimilé au cinéma, il n’a jamais fait et ne fera probablement jamais l’unanimité en dépit de la tentative de réhabilitation établie par certains critiques. Il faut reconnaitre que l’émergence du gonzo et des scènes amateurs ne contribuent pas à lui forger des lettres de noblesse. Dans l’imagerie populaire n’importe qui est capable d’être acteur de film X. Il suffit simplement de brancher une caméra et de filmer ses propres scènes sur son canapé minable dans son appartement miteux et de mettre le tout en ligne pour se faire un nom.

Cette vision plus que réductrice n’est évidemment pas du goût des acteurs de carrière qui claironnent à qui veut l’entendre qu’il s’agit d’un vrai métier. Ils éprouvent d’ailleurs les pires difficultés à s’imposer dans le cinéma traditionnel, trainant comme un boulet le passif de leur carrière dans le cinéma érotique. Du coup peu d’entre eux parviennent à faire leur trou dans ce milieu et à faire étalage de leur jeu d’acteur dans des films à gros budget ou même d’auteur, la plupart étant cantonnés à des séries Z où ils jouent le plus souvent des rôles en rapport avec leur passé ou leur propre rôle. Pourtant comme le prouvent les exemples suivants certaines (puisqu’il s’agit ici d’actrices) sont parvenues à se faire une place et parfois même à faire oublier leurs débuts dans le cinéma X ou érotique. Voici le cas de quatre actrices à avoir franchi avec succès le rubicond.

Traci Lords

Traci-Lords Du film érotique au cinéma, les reconversions réussies

Sa carrière d’actrice de X sera surtout marquée par le scandale qu’elle provoqua lorsque le FBI découvrit qu’elle était mineure lorsqu’elle commença sa carrière. Elle n’avait en effet que seize ans et avait utilisé l’identité d’une de ses amis pour pouvoir tourner. Bien que devenue une star du genre cette affaire va briser sa carrière dans ce créneau vu que la totalité des firmes et agents ayant travaillé avec elle seront poursuivis des années durant et ses films sont désormais interdits à la vente. A sa majorité, elle entreprend une reconversion comme actrice classique et suis des cours de comédie à cet effet. Après quelques apparitions dans des séries B, elle décroche en 1990 le rôle qui va définitivement changer sa carrière,  Cry-Baby une réalisation de John Waters où elle donne la réplique à Johnny Depp. Par la suite elle s’illustrera surtout dans des séries télévisées à succès. On la retrouve dans Melrose Place, Profiler, First Wave et plus récemment dans Will & Grace. Elle continue de tenir quelques rôles au cinéma apparaissant notamment dans Blade ou Black Mask 2: City Of Masks. Elle signera même un album orienté Rock/Techno 1000 Fires (sorti en 1995) qui a enregistré un certain succès critique.

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Shu Qi

Shu-Qi Du film érotique au cinéma, les reconversions réussies

Avant de devenir l’égérie du cinéma asiatique grâce à son interprétation de haut vol dans Millenium Mambo et d’acquérir ses galons de star en tenant le premier rôle féminin dans The Transporter aux côtés de Jason Statham, Shu Qi fut une adolescente rebelle et fugueuse qui quitta sa Taïwan natale pour Hong Kong à 17 ans. Là elle fera ses débuts comme modèle de charme puis actrice de films érotiques plus ou moins softs, mais bien loin du hard version occidentale. C’est d’ailleurs le film rose Sex & Zen II qui lui servira de carte de visite et lancera sa carrière. Le producteur du film Manfred Wong la prend sous son aile et lui permet de se retrouver à l’affiche d’une parodie de film érotique Viva Erotica en 1996. Le succès de cette production pour laquelle elle récolte deux nominations aux Hong Kong Film Awards lance définitivement sa carrière qui est depuis une longue suite de succès. On n’en a même oublié ses débuts.

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Ovidie

Ovidie Du film érotique au cinéma, les reconversions réussies

Considérée comme l’intello du X, cette ancienne étudiante en philosophie, ex-militante du SCALP passe vite derrière la caméra en réalisant Orgie en noir, un film X résolument arty suivi par un autre Lilith tous deux produits par Marc Dorcel. Mais c’est la littérature qui la consacrera définitivement avec son essai Porno Manifesto paru en 2002 chez Flammarion. Devenue auteur à succès et réalisatrice de documentaires, elle a cependant signé quelques apparitions dans des films traditionnels tels que Le Pornographe, Mortel Transfert ou encore La nuit des horloges de Jean Rollin. Si son œuvre tant littéraire que cinématographique ne se détache pas des questions liées à la sexualité et à l’érotisme féminin, ses réflexions sur la non-acceptation de la libération sexuelle féminine valent leur pesant d’or, qu’on y adhère ou non.

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Sasha Grey

Sasha-Grey-00-600x400 Du film érotique au cinéma, les reconversions réussies

Icône de la nouvelle vague d’actrices pornos, Sasha Grey investi le cinéma traditionnel en signant un brève apparition dans la comédie Homo Erectus en 2007.  On la retrouvera ensuite à l’affiche de Smash Cut, son premier film non pornographique  officiel. C’est pourtant en 2009 qu’elle s’imposera définitivement par son personnage d’escort-girl dans le film de Steven Soderbergh The Girlfriend Experience. Après cette réussite elle jouera son propre rôle dans la septième saison de la série télévisée Entourage et fera quelques figurations dans divers films ainsi que deux productions où elle a obtenu le premier rôle: Shrouded Corpse Bathing While Hip-Shaking, un film Indonésien et le film français Life. Désormais retirée de l’industrie du X, elle devrait bientôt revenir sur le grand écran avec un nouveau film I Melt With You aux côtés de Rob Lowe et Jeremy Piven.

 

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1 commentaire

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Daniel T. S.

Mdr pour moi le x, ce n’est pas du cinéma mais un divertissement sordide qui en se comparant au 7eme art ne fait que salir les valeurs du cinéma 😕

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