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Noirs en sélection italienne

Si la majeure partie des sélections d’Europe occidentale ont une tradition plus ou moins établie de joueurs de couleur, la Squadra Azzura fit pendant très longtemps figure d’exception. Il a fallu attendre les années 90, 1996 plus exactement, pour qu’un joueur noir soit convoqué en sélection Espoirs (le défenseur Joseph Dayo Oshadogan, de père nigérian et de mère italienne). Pour ce qui est de l’équipe A, ce n’est qu’au tournant des années 2000 qu’un premier joueur de couleur a été sélectionné. Ceci pourrait s’expliquer par une intégration plus difficile pour les minorités et par le fait que la nationalité italienne soit plus ardue à acquérir (pour les demandeurs nés de parents étrangers, il faut en plus d’être né sur le sol italien y résider de façon ininterrompue jusqu’à sa majorité) que celle de ses voisins. Cet article ne mentionnera que les joueurs ayant effectivement joué un match au moins avec la sélection A. Ceux qui ont été convoqués sans jouer (Fabiano Santacroce par exemple) ne seront pas évoqués.

Liverani Noirs en sélection italienne

Fabio Liverani (3 sélections)

Il fut le premier joueur noir a évoluer sous le maillot de la Squadra Azzura. Né d’un père italien et d’une mère somalienne, Liverani débute sa carrière professionnelle dans les divisions inférieures à Nocerina puis Viterbese. Il découvre la Serie A à la faveur de son transfert à Perugia en 2000 où il gagne ses galons au milieu de terrain. Ses bonnes performances lui valent une convocation en équipe nationale pour un match amical contre l’Afrique du Sud en 2001. Transféré dès la fin de la saison à la Lazio Rome, il ne sera cependant rappelé en sélection qu’en 2006 alors qu’il venait de rejoindre la Fiorentina. Victime de la forte concurrence qui règne à son poste de milieu axial, Liverani ne parviendra pas à s’imposer.


matteo_ferrari Noirs en sélection italienne

Matteo Ferrari (11 sélections)

Né en Algérie d’un père italien et d’une mère guinéenne, cet athlétique défenseur effectue sa formation à la SPAL puis à l’Inter Milan où il signe son premier contrat professionnel en 1997. Il honore ses premières capes avec la sélection Espoirs mais ne parviendra pas à faire son trou à l’Inter qui le prête souvent. Sa carrière décolle en 2001 lorsqu’il est transféré à Parme. Titulaire indiscutable au sein de la défense centrale parmesane, il s’impose malgré la saison difficile du club d’Emilie-Romagne. Par la suite, il devient l’un des meilleurs défenseurs de la Botte et sera logiquement convoqué en sélection A en 2002. Malgré la rude concurrence au poste de défenseur axial (Fabio Cannavaro, Nesta, Materazzi…) il s’impose et est régulièrement appelé par Giovanni Trappatoni. Il est logiquement retenu pour l’EURO 2004 mais n’y dispute aucun match. Il se consolera avec la sélection olympique avec qui il décroche la médaille de bronze aux J.O. d’Athènes la même année. Malheureusement, Marcello Lippi, le successeur de Trapattoni à la tête de la Squadra Azzura ne lui accorde que peu de crédit et ne le convoquera qu’une fois sans le faire entrer en jeu en septembre 2004. Sa difficile adaptation à l’AS Roma (club qu’il a rejoint à l’intersaison 2004) n’a également pas joué en sa faveur.


Mario-Balotelli-Italie Noirs en sélection italienne

Mario Balotelli (36 sélections, 14 buts)

Fils d’immigrés ghanéens, il est par la suite adopté par une famille italienne. Bien que né à Palerme, Mario Balotelli Barwuah n’aura la pleine jouissance de la nationalité italienne qu’à sa majorité, ce qui lui fermait les portes des sélections de jeunes. Bien qu’approché par le Ghana, il optera pour la Squadra Azzura. Le prometteur et fantasque avant-centre devra toutefois patienter jusqu’en 2010 pour recevoir sa première convocation avec les A juste après son transfert à Manchester City. Il inscrira son premier but en sélection un an plus tard, lors d’un match contre la Pologne. Si Balotelli s’impose dans un premier temps comme titulaire indiscutable à la pointe de la Squadra Azzura, sa personnalité clivante, ses sautes d’humeur et ses multiples frasques finiront par lasser. Excellent lors de l’EURO 2012 puis de la Coupe des Confédérations en 2013, il passera cependant totalement à côté de la Coupe du monde 2014 durant laquelle il agacera plus d’un. Écarté de l’équipe nationale suite à cette contre-performance et sujet à un gros passage à vide en club, il sera toutefois rappelé en mai 2018 pour un match amical. S’il est toujours sélectionnable pour Roberto Mancini, Balotelli devra toutefois se refaire la cerise en club pour espérer une nouvelle convocation, vu son mauvais début de saison à l’OGC Nice.


Ogbonna Noirs en sélection italienne

Angelo Ogbonna (13 sélections)

Né à Cassino de parents immigrés nigérians, Obinze Angelo Ogbonna effectue sa formation au Torino avant d’y parapher son premier contrat professionnel en 2006. A l’image de Balotelli, il devra attendre sa majorité pour obtenir la nationalité italienne et devenir sélectionnable. Il intègre la sélection U21 en 2009 et est appelé pour la première fois avec les A en 2011 par Cesare Prandelli. Sa sélection est une surprise, surtout parce qu’il évolue alors en Serie B (deuxième division italienne) avec le Torino. Il s’accroche et est finalement retenu pour l’EURO 2012. Capable d’évoluer comme défenseur central ou latéral gauche, son profil séduit son sélectionneur qui continue de faire appel à lui. Cependant son transfert à la Juventus Turin va enrayer sa progression. Incapable de troubler la quiétude du trio Bonucci- Barzagli-Chiellini, il en est réduit à jouer les doublures-lumières et n’est pas retenu pour la Coupe du monde 2014. Ce n’est qu’en 2016, après qu’il ait retrouvé du temps de jeu à West Ham United, qu’il effectue son retour en sélection. Antonio Conte le retient pour l’EURO 2016. Depuis, Ogbonna n’a plus disputé le moindre match avec la Squadra Azzura et au vu de la rude concurrence et du statut de son club, il devra se montrer patient pour être dans les petits papiers de Roberto Mancini, l’actuel sélectionneur.


stefano-okaka Noirs en sélection italienne

Stefano Okaka (4 sélections, 1 but)

De parents immigrés nigérians comme Ogbonna, Stefano Chuka Okaka doit lui aussi attendre d’avoir 18 ans pour avoir la nationalité italienne. Le jeune attaquant formé à l’AS Roma intègre par la suite la sélection italienne U19 avec qui il atteint la finale de l’EURO de sa catégorie. Par la suite, il est régulièrement convoqué avec les Espoirs malgré des saisons difficiles en club. Okaka ne parvient en effet pas à s’imposer à l’AS Roma et fait l’objet de nombreux prêts (Modena, Brescia, Fulham, Bari, Parme) sans briller outre mesure. Transféré définitivement à Parme en 2012, il ne s’y montre pas non plus à son avantage et est de nouveau prêté à Spezia. A l’intersaison 2014, il rejoint la Sampdoria où il trouve enfin ses marques. Alors qu’il était en discussions avec la fédération nigériane pour intégrer les Super Eagles, il fait volte-face lorsqu’il reçoit une convocation de la Squadra Azzura en novembre 2014. Il marque dès sa première sélection et est par la suite appelé trois autres fois par Antonio Conte. Trop juste pour intégrer le onze titulaire, il n’est logiquement pas retenu pour l’EURO 2016. En club, sa carrière est toujours en dents de scie. Après une saison assez réussie au RSC Anderlecht en 2015-2016, il évolue depuis l’intersaison 2016 à Watford où il peine à briller, supplanté par Troy Deeney, Gerard Deulofeu, Andre Gray et Isaac Success.

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